XIV
La mer est plus belle Que les cathédrales, Nourrice fidèle, Berceuse de rùles, La mer sur qui prie La Vierge Marie !
Elle a tous les dons Terribles et doux.
J'entends ses pardons (ironiler ses courroux.
Cette immensité N'a rien d'entêté.
Oh ! si patiente, Même quand méchante !
Un souffle ami hante La vague, et nous chante
« Vous sans espéranœ, Mourez sans souffrance ! »
Et puis sous les cieux Qui s'y rient plus clairs, Elle a (les airs bleus, Rose, gris et verts...
Plus belle que tous, Meilleure que nous !
La u ^raiulo ville ». \n las criard de pierres Manches
Où ra^e le soleil comme en pays concinis.
Tous les vices ont lenr tanière, les exquis
Et les hideux, dans ce désert de pierres blanches.
Des odeurs ! Des bruils vains ! Où que va^^ue le cœur, Toujours ce poudroiement vorli^'ineux de sable, Toujours ce remuement de la chose coupable Dans cette solitude où s'écœure le c(our !
De près, de loin, le Sai;c aura sa Ihibaïde
Parmi le fade ennui qui moule de ceci,
D'autant plus Apre et plus sanctifiante aussi.
Que doux parts de son i\ine ypknirenl, dans ce vide !
Toutes les amours de la terre Laissent au cœur du délétère Et de l'affreusement amer, Fraternelles et conjugales, Paternelles et filiales, Civiques et nationales, Les charnelles, les idéales, Toutes ont la guêpe~et le ver.
La mort prend ton père et ta mère,
Ton frère trahira son frère,
Ta femme flaire un autre époux,
Ton enfant, on te l'aliène,
Ton peuple, il se pille ou s'enchaîne
Et l'étranger y pond sa haine,
Ta chair s'irrite et tourne obscène,
Ton âme flue en rêves fous.
Mais, (Ut Jésus, aime, n'importe !
Puis, de toute illusion morte Fais un cortège, forme un chœur, Va devant, tel aux champs le i);\tro, Tel le coryphée au IhéAliv.
Tel le vrai prêtre uu l'idolâtre, Tels les grands parents près de l'àtre, Oui, (juc devant aille ton cnnir !
Et (jue toutes ces voix dolentes S'élèvent rapides ou lentes.
Aigres ou douces, composant A la gloire de Ma souffrance Instrument de ta délivrance, Condiment de ton espérance Et mets de ta propre navrance, L'hynme qui te sied à présent !
Sainte Thérèse veut que la Pauvreté soit La reine d'ici -bas, et littéralement !
Elle dit peu de mots de ce gouvernement Et ne s'arrête point aux détails de surcroit ;
Mais le Point, à son sens, celui qu'il faut qu'on voie Et croie, est ceci dont elle la complimente ; Le libre arbitre pèse, arguë et parlemente, Puis le pauvre-de-cœur décide et suit sa voie.
Qui l'en empêchera ? De vœux il n'en a plus Que celui d'être un jour au nombre des élus, Tout-puissant serviteur, tout-puissant souverain,
Prodigue et dédaigneux, sur tous, des choses eues. Mais accumulateur des seules choses sues, De quel si fier sujet, et libre, quelle reine !