‹ PoésiesChapitre 21 sur 64 · L'AZUR · texte numérisé non relu

L'AZUR

De l'éternel azur la sereine ironie Accable, belle indolemment comme les fleurs, Le poëte impuissant qui maudit son génie A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde Avec l'intensité d'un remords atterrant, Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

LAZUR 41

Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones Avec de longs haillons de brume dans les cieux Que noiera le marais livide des automnes Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse

En t'en venant la vase^etles pâles roseaux,

Cher Ennui, pour boucher d'une main jamais lasse

Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux

Encor ! que sans répit les tristes cheminées Fument, et que de suie une errante prison Eteigne dans l'horreur de ses noires traînées Le soleil se mourant jaunâtre à l'horizon !

— Le Ciel est mort. — Vers toi, j 'accours ! donne, ô matière,

L'oubli de l'Idéal cruel et du Péché

A ce martyr qui vient partager la litière

Où le bétail heureux des hommes est couché,

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