SCENE $J
Calme, toi, les frissons de ta sénile chair, Viens et ma chevelure imitant les manières Trop farouches qui font votre peur des crinières, Aide-moi, puisqu'ainsi tu n'oses plus me voir, A me peigner nonchalamment dans un miroir.
Sinon la myrrhe gaie en ses bouteilles closes, De l'essence ravie aux vieillesses de roses Voulez-vous, mon enfant, essayer la vertu Funèbre ?
Laisse là ces parfums ! ne sais-tu Que je les hais, nourrice, et veux-tu que je sente Leur ivresse noyer ma tête languissante ? Je veux que mes cheveux qui ne sont pas des fleurs A répandre l'oubli des humaines douleurs,
Mais de For, à jamais vierge des aromates,
Dans leurs éclairs cruels et dans leurs pâleurs mates,
Observent la froideur stérile du métal,
Vous ayant reflétés, joyaux du mur natal,
Armes, vases depuis ma solitaire enfance.
Pardon ! l'âge effaçait, reine, votre défense
De mon esprit pâli comme un vieux livre ou noir..
Assez ! Tiens devant moi ce miroir.
O miroir !
Eau froide par l'ennui dans ton cadre gelée Que de fois et pendant les heures, désolée Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont Comme des feuilles sous ta glace au trou profond,