‹ Poésies (volume 2)Chapitre 15 sur 102 · C.ERULEI OCULI · texte numérisé non relu

C.ERULEI OCULI

C£'K.ULEI OCULI

UNE femme mj'stérieuse, Dont la beauté trouble mes sens.

Se tient debout, silencieuse.

Au bord des flots retentissants.

Ses 3'eux, où le ciel se reflète, Mêlent à leur azur amer, Qu'étoile une humide paillette, Les teintes glauques de la mer.

Dans les langueurs de leurs prunelles Une grâce triste sourit; Les pleurs mouillent les étincelles Et la lumière s'attendrit;

Et leurs cils, comme des mouettes Qui rasent le flot aplani, Palpitent, ailes inquiètes, Sur leur azur indéfini.

36 ÉMAUXETCAMÉES

Comme dans l'eau bleue et profonde Où dort plus d'un trésor coulé, On y découvre à travers l'onde La coupe du roi de Thulé.

Sous leur transparence verdâtre Brille, parmi le goémon.

L'autre perle de Cléopâtre Près de l'anneau de Salomon.

La couronne au gouffre lancée Dans la ballade de Schiller, Sans qu'un plongeur l'ait ramassée, Y jette encor son reflet clair.

Un pouvoir magique m'entraîne Vers l'abîme de ce regard, Comme au sein des eaux la sirène Attirait Harald Harfagar.

Mon âme, avec la violence D'un irrésistible désir.

Au milieu du goufi're s'élance Vers l'ombre impossible à saisir.

Montrant son sein, cachant sa queue, La sirène amoureusement Fait ondoyer sa blancheur bleue Sous l'émail vert du flot dormant.

L'eau s'enfle comme une poitrine Aux soupirs de la passion ; Le vent, dans sa conque marine.

Murmure une incantation.

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