LE POÈME DE LA FEMME
La Géorgienne indolente, Avec son souple narghilé, '
Étalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié,
Et, comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres.
En dépit des maigres pudeurs I
Paresseuse odalisque, arrière !
Voici le tableau dans son jour.
Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour !
Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce.
Elle tombe sur ses coussins;
Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni,.
Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini.
D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté :
L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté !
Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps 1
EMAUX ET CAMEES
Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux !