‹ Poésies (volume 2)Chapitre 2 sur 102 · MARBRE DE PAROS · texte numérisé non relu

MARBRE DE PAROS

UN jour, au doux rcvcur qui l'aime, En train de montrer ses trésors.

Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps.

D'abord, superbe et triomphante, Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat :

Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Écoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens.

Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours.

EMAUX ET CAMEES

Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche, Vint s'abattre sur ses pieds blancs.

Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair.

En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer.

De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau.

Grains laiteux qu'un rayon irise.

Sur le frais satin de sa peau.

Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté 1

Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations.

Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus :

Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail.

Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ;

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