III
Le porche à la lune se ronge, Le temps le sculpte à sa façon.
Et la pluie a passé l'éponge Sur les couleurs de mon blason.
Tout ému, je pousse la porte, Q.ui cède et geint sur ses pivots; Un air froid en sort et m'apporte Le fade parfum des caveaux.
L'ortie aux morsures aiguës, La bardane aux larges contours, Sous les ombelles des ciguës, Prospèrent dans Fangle des cours.
Sur les deux chimères de marbre, Gardiennes du perron verdi, Se découpe l'ombre d'un arbre Pendant mon absence grandi.
Levant leurs pattes de lionne.
Elles se mettent en arrêt; Leur regard blanc me questionne, Mais je leur dis le mot secret.
Et je passe. — Dressant sa tête, Le vieux chien retombe assoupi.
Et mon pas sonore inquiète L'écho dans son coin accroupi.
Un jour louche et douteux se glisse Aux vitres jaunes du salon Où figurent, en haute lisse, Les aventures d'Apollon :