‹ Poésies (volume 2)Chapitre 71 sur 102 · SCÈ'ME IX GÉRONTE, VALÉRE · texte numérisé non relu

SCÈ'ME IX GÉRONTE, VALÉRE

Eh quoi ! c'est vous encor ?

Mon oncle, je l'avoue, C'c5t moi.

GÉRONTE

Vos pieds prendront racine dans la boue ; Au même endroit planté vous restez trop longtemps, Mon cher, et vous aurez des feuilles au printemps.

Je venais pour...

GÉRONTE

C'est bien ; allez-vous-cn !

VALÈRE

De grâce !

GÉRONTE

Pas de grâce !

Mon oncle ! ah ! que je vous embrasse !

GÉRONTE

Non I non ! — Quel embrasseur que monsieur mon neveu I

VALÈRE

Mon oncle, il faut qu'ici je vous fasse un aveu...

GÉRONTE

Je refuse l'ouïe à tout aveu I

Mon oncle !

GÉRONTE

Au beau milieu du nez qu'il me pousse un furoncle.

Si j'écoute jamais rien de ce que tu dis ! Je t'ai déshérité : de plus, je te maudis !

J'aime...

GÉRONTE

Jeune indécent, quel mot cru sur ma nuque ! Vos impudicités font rougir ma perruque I

VALÈRE

Oui, j'aime Inez...

Assez ! Si je vous vois encor Dans ces lieux... Regardez ce jonc à pomme d'or!

Valère s'éloigne. Entre Fronliti, qui échange avec lui un signe d intelligence.

VALÈRE

Mon oncle, vous avez des façons violentes.

GÉRONTE

Décampe ! — J'ai les mains de colère tremblantes.

VALÈRE

Calmez-vous..., je m'en vais. — Maintenant mon destin Dépend de l'heureux sort des ruses de Frontin.

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