‹ Poésies (volume 2)Chapitre 76 sur 102 · SCE'ME II · texte numérisé non relu

SCE'ME II

ARLEaUIN, seul.

Quoi ! vous fuyez, méchante, avec cet air si tendre ! Et la souris, hélas 1 vous partez sans la prendre ! Ah ! les femmes !... pourquoi faut-il que nous soj^ons Toujours acoquinés après leurs cotillons ! Tout irait mieux, si Dieu ne t'avait fait d'un geste Sortir du flanc d'Adam, côtelette funeste 1

// wel la souricière d terre, près de la maison de Coloiiihiiie.

Cette preuve, où l'avoir?... Je ne puis, comme un sot. Aller chez ces païens m'enquérir de Pierrot. Des registres civils aux États barbaresques ! L'imagination, certe, est des plus grotesques! Je souffre, et je voudrais voir mon destin fini D'un excès de polente ou de macaroni.

Mais qui vient? le docteur...

SCEItE III ARLEQUIN, LE DOCTEUR.

ARLEQUIN'

Docteur, je suis malade !...

LE DOCTEUR

Qu'avez-vous?... Trouvez-vous le vin amer, ou fade?

A RLEQ.UIN.

Je le trouve excellent !

LE DOCTEUR

Et le rôti?

Fort bon !

LE DOCTEUR

Que vous dirait le cœur en face d'un jambon ?

ARLEQUIN

Il me dirait, je crois, d'en couper une tranche.

LE DOCTEUR

Montrez-moi votre langue... Elle est rouge, et non blanche Tout ce diagnostic démontre que le mal, A ne pas en douter, est purement moral.

ARLEQUIN

Votre sagacité pénètre au fond des choses Et va donner du nez droit dans le pot aux roses : Oui, mon mal est moral, immoral bien plutôt ; Car je suis amoureux de madame Pierrot !

LE DOCTEUR

De cette affection je connais le remède. Tarissez ce flacon, qu'à prix d'or je vous cède, Pour elle votre amour se trouvera guéri Comme si vous fussiez devenu son mari.

A RLEQUIN.

Je n'en crois pas un mot. Cette liqueur vermeille Qui rit dans le cristal à travers la bouteille, Qu'est-ce ?

LE DOCTEUR

C'est l'élixir de longue vie.

Eh bien 1

Puisque je veux mourir, cela ne me vaut rien.

LE DOCTEUR

Bon ! tuez-vous d'abord, et dites qu'on infiltre.

Vous mort, entre vos dents, trois gouttes de mon philtre,

Plus dispos que jamais vous ressusciterez.

En revenant au jour quel effet vous ferez!

Par ce trépas galant Colombine attendrie

Vous tend sa blanche main, avec vous se marie,

Et vous avez bientôt, heureux et triomphants,

Comme aux contes de fée, une masse d'enfants !

ARLEQUIN

Grand merci! si la drogue allait être éventée? Mais, docteur, dites-moi, par qui fut inventée Cette rare liqueur, dont les philtres si forts Conservent les vivants, rendent la vie aux morts ?

LE DOCTEUR

Chez nous, de père en fils, on en sait la recette; Et depuis cinq cents ans nous la tenons secrète.

ARLEQUIN

Vos grands-parents alors ont dû vivre bien vieux? Sans doute vous avez encor tous vos aïeux ?

Nous ne pourrions jamais hériter, de la sorte! Et, comme de la vie il faut que chacun sorte, Pour n'être pas contraints de nous assommer tous, C'est chose convenue et réglée entre nous : Aux vieillards, à cent ans, Félixir se retranche, Et, comme des fruits mûrs, ils tombent de la branche.

ARLEQUIN

C'est très joli...

LE DOCTEUR

Prenez mon flacon...

ARLEQUIN

Non, vraiment !

Je préfère mourir en véritable amant, Et je cours me tuer, au seuil de Colombine, D'un coup de coutelas ou bien de carabine.

LE DOCTEUR

Et moi, je vais ailleurs chercher quelque nigaud Q.ui veuille pour ma fiole échanger son magot.

Le docteur rentre chei lui, Arlequin sort par la gauche. A ce moment, Pierrot parait au fond du the'âirc.

SCÈ'hLE IV

PIERROT, seul.

Mouillez-vous, ô mes 3'eux ! et toi, lèvre attendrie. Baise, sur le pavé, le sol de la patrie !

Aspirez, mes poumons, l'air du natal ruisseau !

Bonjour, Paris I... Salut, rue où fut mon berceau!...

Le cabaret encor rit et jase à son angle :

A ce cher souvenir l'émotion m'étrangle ;

Mon nez qui se dilate aspire avec douceur

Les parfums que répand l'étal du rôtisseur.

Rien n'est changé... Voici la maison de ma femme...

Pauvre femme !... J'ai dû fiiire un vide en son âme!

Il le fallait : j'ai fui... Je ne sais pas pourquoi

La justice s'était prise d'un goût pour moi;

Elle s'inquiétait de mes chants à la lune,

De mes moyens de vivre et de chercher fortune.

Pour lui faire sentir son indiscrétion.

Je rompis, un beau jour, la conversation.

Et j'allai, n'aimant pas qu'en route on m'accompagne.

Errer incognito sur les côtes d'Espagne,

Où je fis connaissance avec d'honnêtes gens.

Très peu questionneurs et très intelligents.

Nous menions, sur la mer, une charmante vie,

Quand notre barque fut aperçue et suivie

Par un corsaire turc plus fin voilier que nous.

Mes braves compagnons se firent hacher tous !

Comme il faisait très chaud, moi, de crainte du hàlc,

J'étais allé chercher de l'ombre à fond de cale ;

Mais bientôt, de mon coin brutalement extrait.

Je sentis à mon col un nœud qui le serrait.

Ma pose horizontale en perpendiculaire

Se changea. J'aperçus, dans l'onde bleue et claire.

Un reflet s'agiter et s'allonger en /,

Je fis un entrechat, et couac..., tout fut fini !

Qiiel moment!... Mais le ciel, dans sa miséricorde.

Voulut que l'on coupât un peu trop tôt la corde ;

Je tombai dans la mer, et, des vagues poussé.

Par des pêcheurs je fus, près du bord, ramassé.

256 THÉATREENVERS

C'est jouer de bonheur ! Pourtant cette aventure Me donne, dans le monde, une étrange posture ; Et c'est une apostrophe à rester confondu, Si quelqu'un me disait : « Voyez Pierrot pendu ! >

SCÈ'N.E V PIERROT, ARLEQ.UIN.

ARLEQUIN, qui est entré sur le dernier vers de Pierrot.

Hein !... que dites-vous?...

PIERROT

duoi?...

ARLEQUIN

Vous parliez, ce me ser De Pierrot?

PIERROT

J'en parlais...

ARLEQUIN, à part.

D'émotion, je tremble!...

Haut.

Vous le connaissez donc?...

PIERROT, à part.

C'est d'un bête inouï !

Il me demande à moi si je me connais !

Oui, Intimement, monsieur.

ARLEQUIN

Bien. Vous savez sans doute Qu'il voyagea beaucoup et se fit pendre en route?

PIERROT

Il fut pendu, c'est vrai!...

ARLEQUIN

Cela me charme fort !

PIERROT

Monsieur!...

ARLEQUIN

S'il fut pendu, j'en conclus qu'il est mort.

Vous croyez î

ARLEQUIN

Quel bonheur !... Il faut que j'exécute. Pour son De profundis, ma plus belle culbute!

PIERROT, à part.

Ce qu'il dit m'a troublé.

Haut.

Monsieur, modérez-vous!

ARLEQUIN

Laissez-moi me livrer aux transports les plus fous !... Pierrot est mort!... vivat!...

PIERROT, à part.

Quel air de certitude !

En mon esprit je sens naître une inquiétude ; J'ai le droit d'être mort, si je n'en use pas ; Plusieurs sont enterrés pour de moindres trépas.

ARLEQUIN

Du décès de Pierrot vous rendrez témoignage.

PIERROT

Mais...

Répondez!...

PIERROT

Pardon ! cette démarche engage ; J'ai besoin d'y songer, et je ne voudrais point Sur ce grave suiet faire erreur d'un seul point.

ARLEQUIN

Si vous l'avez vu pendre, il ne faut d'autre preuve ; Ah I prenez en pitié les ennuis de sa veuve !

PIERROT

Vous me fendez le cœur! J'espère qu'il est mort... Et s'il ne l'était pas, certe, il aurait bien tort. Mais je veux consulter un homme de science Pour s.avoir...

ARLEQUIN

Le docteur est plein d'expérience ; Il demeure ici près..., là...

Il désigne la maison de droite.

PIERROT

J'y vais de ce pas.

ARLEQUIN

Puis-je compter sur vous ?

PIERROT

Oh I oui..., n'y comptez pas.

// entre che\ le docteur .

SCÈ'ME VI

ARLEaUIN, seul.

Ciel ! que je suis heureux ! Courons vers Colombine. Ne courons pas. Pensons... Avoir joyeuse mine, Moi, son futur époux, au lieu d'un air marri, En venant lui conter la mort de son mari. Ce serait lui donner un exemple funeste; Un trépas conjugal est chose grave. Peste! Elle pourrait en prendre à mon intention Trop de facilité de consolation.

Donc, revêtant l'aspect congruant à la chose, Pleurons Pierrot défunt, par l'oeil et par la pose.

// sort par le fond.

26o THEATRE EN VERS

SCÈlsLE Fil

PIERROT, sortant de la maison du docteur.

Je suis mort!... Arlequin disait la vérité:

La pendaison n'est pas bonne pour la santé;

Je m'explique à présent pourquoi j'ai le teint blême.

Pauvre Pierrot, allons I conduis ton deuil toi-même !

Mets un crêpe à ton bras, arrose-toi de pleurs.

Prononce le discours et jette-toi des fleurs,

Orne ton monument d'un ci-git autographe,

Et, poète posthume, écris ton épitaphe.

Q.u'y mettrai-je?... Voyons... : Ici dort étendu...

Non; ce mot fait venir la rime de pendu...

Couché vaut mieux... Pierrot... Il ne fit rien qui vaille

Et vécut sans remords en parfaite canaille I

C'est plus original que hon fils, bon époux,

Bon tière, et caetera, comme les morts sont tous.

Fais ta nécrologie et l'envoie aux gazettes.

Ces choses sont toujours par soi-même mieux faites.

Quel ami je m'enlève, et quel bon compagnon.

Content de mon bonheur, triste de mon guignon !

Comme je me regrette, et comme je me manque I

La douleur me pâlit, la tristesse m'efflanque,

En songeant qu'allongé dans le fond d'un trou noir

Je ne jouirai plus du bonheur de me voir.

Quel coup ! moi qui m'étais si dévoué, si tendre,

Si plein d'attentions, si prompt à me comprendre !

Aussi, reconnaissant de mes bontés pour moi,

Je me ferai le chien de mon propre convoi,

Et j'irai, me couchant sur ma tombe déserte, Mourir une autre fois du chagrin de ma perte.

SCEIsLE FUI PIERROT, LE DOCTEUR.

Vous êtes encor là !

PIERROT

Mais, à ce qu'il paraît.

LE DOCTEUR

Vous sembliez tantôt prendre un vif intérêt A l'ami pour lequel vous consultiez...

PIERROT

Sans doute Avec ses dents j'ai fait sauter plus d'une croûte, Et le vin que je bois passe à travers son cou ; Comme vous l'avez dit, il me touche beaucoup.

LE DOCTEUR

C'était vous, cet ami?

PIERROT

Je n'en eus jamais d'autre.

LE DOCTEUR

Pauvre monsieur Pierrot, quel mallieur est le vôtre I Je vous plains ; être mort de la sorte, c'est dur.

PIERROT

De mon trépas, docteur, vous êtes donc bien sûr?

LE DOCTEUR, à pari.

Est-il bête!

Haut.

J'en ai la triste certitude.

J'ai de semblables cas fait une longue étude. Et les pendus jamais n'ont bien longtemps vécu. Mais pour que vous soyez pleinement convaincu. Je vais vous disséquer...

PIERROT

Non, non !

LE DOCTEUR

Afin qu'on voie La pléthore du cœur, l'engorgement du foie, La dislocation des muscles cervicaux, Et la congestion des lobes cérébraux.

PIERROT

Je veux bien être mort, mais pas d'anatomie 1

LE DOCTEUR

Comment expliquez-vous cette face blêmie, Ce nez cadavérique et cet œil sépulcral? Vous êtes un vrai spectre !

PIERROT

Ah 1 je me sens plus mal.

LE DOCTEUR

La strangulation pousse à l'apoplexie; Et de l'apoplexie à la catalepsie, Il n'est qu'un pas.

Cessez ce discours inhumain.

LE DOCTEUR

De la catalepsie à la mort, le chemin

Est plus court. Ce chemin, vous l'avez fait, jeune homme.

PIERROT

Grands dieux ! soutenez-moi, je tombe.

LE DOCTEUR

Autre symptôme 1 Les morts sentent mauvais... Vous ne sentez pas bon.

PIERROT. // sent son bras.

C'est vrai, je m'empoisonne.

LE DOCTEUR, à part.

On n'est pas plus oison !

PIERROT

A cet affreux état savez-vous un remède?

LE DOCTEUR

Peut-être; la nature opère, quand on l'aide. Des miracles...

PIERROT

Eh bien ! qu'elle en fasse un pour moi !

Les miracles sont chers et veulent de la foi.

PIERROT

J'ai la foi.

LE DOCTEUR

Mais l'argent?

PIERROT

A travers mes désastres, Dans ma ceinture en cuir j'ai sauvé quelques piastres.

LE DOCTEUR

Montrez.

PIERROT

Voilà.

LE DOCTEUR

C'est peu... Donner mon élixir, Que ne pourraient payer les trésors d'un vizir, Mon élixir divin, pour une ou deux poignées De monnaie exotique et de piastres rognées, C'est un marché de dupe...

PIERROT

Hélas 1 J'ai bien encor Dans mon bouton, cousue, une pistole d'or.

LE DOCTEUR

Bon ! gracieusement déposez la pistole

PIERROT POSTHUME 26s

D'une main, et de l'autre empoignez cette fiole. C'est la vie en bouteille ; et quand vous la boirez, Fussiez-vous plein de vers, vous ressusciterez.

// sort.

SCÈ'ME IX

PIERROT. // débouche la bouteille et flaire.

Pouah ! l'immortalité n'a pas l'odeur suave ; J'aimerais mieux du vin d'Alicante ou de Grave. Mais que vois-je? ma femme en petit casaquin, Qui sautille pendue au bras de l'Arlequin 1 Cachons-nous !...

SCÈ'ME X

PIERROT, à l'écart; ARLEQUIN, C O L O M B I N E .

ARLEQUIN

Mon infante, enfin vous êtes veuve !

COLOMBINE

Un deuil ! moi qui voulais mettre ma robe neuve III. j4

En satin bleu de ciel à paillettes d'argent ! Qiie je suis malheureuse !

Elle pleure.

Hi! hi!

C'est affligeant.

ARLEQUIN

Mais cependant ce deuil vous fait libre, madame.

COLOMBINE

C'est vrai. D'ailleurs le noir sied aux blondes.

PIERROT, à pari.

Quelle âme !

Quel cœur!

COLOMBINE

Et vous avez la preuve de sa mort?

ARLEQUIN

Je l'ai.

COLOMBINE

Pauvre Pierrot ! hi ! hi ! Je l'aimais fort.

PIERROT, à part.

Tais-toi, tu m'attendris 1

COLOMBINE

Il avait la peau blanche, La taille fine...

PIERROT, li part.

Bien!

COLOMBINE

L'humeur joyeuse et franche, L'œil pétillant.

PIERROT, à part.

Très bien ! Qiii jamais aurait cru.

Moi mort, que mes beautés eussent ainsi paru?

ARLEQUIN

La douleur vous égare : il était maigre, blême, Gai comme un fossoyeur qui s'enterre lui-même; Et, quant à cet œil vif qui vous semble si beau, Dans sa face de plâtre on eût dit un pruneau 1

PIERROT, à part.

Drôle I

COLOMBINE

Au fait, il avait le regard noir et louche. Et certain tic nerveux dans le coin de la bouche...

PIERROT, à part.

Tu quoqiie, Brute!

ARLEQUIN

L'âme était digne du corps !

11 ne valait pas mieux au dedans qu'au dehors : C'était un paresseux.

COLOMBINE

Un gourmand.

ARLEQUIN

Un ivrogne.

COLOMBINE

Un poltron.

ARLEQUIN

Un voleur.

COLOMBINE

Un hâbleur sans vergogne.

ARLEQUIN

Un fort piètre sujet.

COLOMBINE

Pitoyable.

PIERROT, fl part.

Parbleu !

J'ai bien fait de mourir, puisque je vaux si peu.

ARLEQUIN

Mais laissons de côté cette triste mémoire. Dites-moi! m'aimez-vous, malgré ma face noire?

COLOMBINE

Cela me changera, mon défunt était blanc; Foin d'un nouvel époux à l'ancien ressemblant!

PIERROT, à part.

Coquine !

Je puis donc, sans qu'elle me repousse, A mes lèvres porter ta main fluette et douce?

Portez.

Hail

COLOMBINE

PIERROT, .( part.

ARLEQUIN

Sans frayeur tu verras mon museau Mettre un baiser d'ébène aux roses de ta peau?...

Je suis brave, essayez...

Pendant h monologue qui suit, Arlequin caresse Colombine. PIERROT, à part.

Ah ! la chienne ! ah ! l'infâme !

Mais que dis-je? Moi mort, elle n'est plus ma femme ; Elle est veuve. J'allais faire un coup maladroit. D'embrasser Arlequin, certe, elle a bien le droit. Comme ils s'aiment! J'ai là, dans ce flacon, la vie. Si je le débouchais? Non! chassons cette envie; Un mari n'est trompé que lorsqu'il est vivant. La scène chauffe fort, je cours risque, en buvant. De me ressusciter précisément pour être... Restons mort, c'est plus sûr..., sauf plus tard à renaître.

COLOMBINE

Calmez-vous, Arlequin.

ARLEQUIN

Non ! encore un baiser I

COLOMBINE

Point.

ARLEQUIN

Si fait, rien qu'un seul !

COLOMBINE

Voulez-vous me laisser !

ARLEQUIN

Non.

PIERROT, à part.

Arlequin va bien ; je suis content, en somme, Et j'ai pour successeur au moins un galant homme.

COLOMBINE

Courez chez le notaire afin de le prier De dresser le contrat et de nous marier; Ce sera de vos feux la plus croyable preuve.

Arlequin sort.

SCEl<iE XI

COLOMBINE, seule. Comment m'habillerai-je? En blanc? non, je suis veuve.

riERROT POSTHUME 27 1

De le faire pourtant j'aurais presque le droit, Car Pierrot, mon défunt, fut un mari bien froid. En rose? c'est trop vif; en bleu clair ? c'est trop tendre ; Lilas réunit tout, c'est lilas qu'il taut prendre.

Elle va pour sortir ; en se retournant, elle rencontre Pierrot.

En croirai-je mes yeux? Ciel! Pierrot! mon époux!

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