‹ Poésies (volume 3)Chapitre 120 sur 140 · LE LION DU CIRQUE · texte numérisé non relu

LE LION DU CIRQUE

Le belluaire ainsi gourmande son lion, Et le lion fait trêve à sa rébellion.

Mais toi, sauvage amour, qui, la prunelle en flamme. Rugis affreusement dans l'antre de mon âme, Je n'ai pas de victime à promettre à ta faim. Ni d'esclave chrétienne à te jeter demain ; Tâche de t'apaiser, ou je m'en vais te clore Dans un lieu plus profond et plus sinistre encore. A quoi bon te débattre et grincer et hurler? Le temps n'est pas venu de te démuseler. En attendant le jour de revoir la lumière, Silencieusement, à l'angle d'une pierre Ou contre les barreaux de ton noir souterrain. Aiguise le tranchant de tes ongles d'airain.

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