‹ Poésies (volume 3)Chapitre 119 sur 140 · LE LIO-K. 'DU CIXQUE · texte numérisé non relu

LE LIO-K. 'DU CIXQUE

TOUT beau, fauve grondeur ! demeure dans ton antre ; Il n'est pas temps encor ; couche-toi sur le ventre ; De ta queue aux crins roux flagelle-toi les flancs ; Comme un sphinx accroupi dans les sables brûlants, Sur Foreiller velu de tes pattes croisées Pose ton mufle énorme, aux babines froncées, Dors et prends patience, ô lion du désert I Demain, César le veut, de ton cachot ouvert, Demain tu sauteras dans la pleine lumière. Au beau milieu du Cirque, aux yeux de Rome entière. Et de tous les côtés les applaudissements Répondront comme un chœur à tes grommellements. On te tient en réserve une vierge chrétienne, Plus blanche mille fois que la Vénus païenne: Tu pourras à loisir, de tes griffes de fer, Rayer ce dos d'ivoire et cette belle chair; Tu boiras ce sang pur, vermei) comme la rose ; Ne frotte plus ton nez contre la grille close ; Songe, sous ta crinière, au plaisir de ronger Un beau corps tout vivant et de pouvoir plonger Dans le gouffre béant de ta gueule qui fume Une tête où déjà l'auréole s'allume. »

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