‹ Poésies (volume 3)Chapitre 127 sur 140 · L OISEAU ROCK · texte numérisé non relu

L OISEAU ROCK

Là-bas, tout là-bas, il me semble Que j'entends quereller ensemble Béhémoth et Léviathan ; Chacun des deux rivaux aspire,

Ambition folle ! à l'empire De la terre et de l'Océan.

Eh quoi ! Léviathan l'énorme S'assoirait, majesté difForme, Sur le trône de l'univers 1 N'a-t-il pas ses grottes profondes, Son palais d'azur sous les ondes?

N'est-il pas roi des peuples verts?

Béhémoth dans sa patte immonde Veut prendre le sceptre du monde Et se poser en souverain ; Béhémoth, avec son gros ventre, Veut faire venir à son antre L'univers terrestre et marin I

La prétention est étrange

Pour ces deux pétrisseurs de fangr,

Qui ne sauraient quitter le sol.

C'est moi, roise.au Rock, qui dois être

De ce monde seigneur et maître,

Et je suis roi de par mon vol.

Je pourrais dans ma forte serre Prendre la boule de la terre Avec le ciel pour écusson.

Créez deux mondes : je me flatte D'en tenir un dans chaque patte, Comme les aigles du blason.

Je nage en plein dans la lumière, Et ma prunelle sans paupière Regarde en fiice le soleil.

Lorsque par les airs je voyage,

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