SAINTINE
SUR la bruyère arrosée De rosée; Sur le buisson d'églantier; Sur les ombreuses futaies ;
Sur les haies Croissant au bord du sentier;
Sur la modeste et petite
Marguerite, Qui penche son front rêvant; Sur le seigle, verte houle
Que déroule Le caprice ailé du vent;
Sur les prés, sur la colline
Qui s'incline Vers le champ bariolé Dé pittoresques guirlandes;
Sur les landes ; Sur le grand orme isolé,
La demoiselle se berce ;
Et s'il perce Dans la brume, au bord du ciel, Un rayon d'or qui scintille,
Elle brille Comme un regard d'Ariel.
Traversant, près des charmilles,
Les familles Des bourdonnants moucherons.
Elle se mêle à leur ronde
Vagabonde, Et comme eux décrit des ronds.
Bientôt elle vole et joue
Sous la roue Du jet d'eau qui, s'élançant Dans les airs, retombe, roule
Et s'écoule En un ruisseau bruissant.
Plus rapide que la brise.
Elle frise, Dans son vol capricieux.
L'eau transparente où se mire
Et s'admire Le saule au front soucieux ;