LA DEMOISELLE
Où, s'entr'ouvrant blancs et jaunes,
Près des aunes, Les deux nénuphars en fleurs, Au gré du flot qui gazouille
Et les mouille.
Etalent leurs deux couleurs;
Où se baigne le nuage;
Où voyage Le ciel d'été souriant; Où le soleil plonge, tremble,
Et ressemble Au beau soleil d'Orient.
Et quand la grise hirondelle
Auprès d'elle Passe, et ride à plis d'azur, Dans sa chasse circulaire.
L'onde claire. Elle s'enfuit d'un vol sur.
Bois qui chantent, fraîches plaines
D'odeurs pleines, Lacs de moire, coteaux bleus, Ciel où le nuage passe.
Large espace.
Monts aux rochers anguleux,
Voilà l'immense domaine
Où promène Ses caprices, fleur des airs, La demoiselle nacrée.
Diaprée De reflets roses et verts.
Dans son étroite famille,
Qiielle fille N'a pas vingt fois souhaité, Rêveuse, d'être comme elle
Demoiselle, Demoiselle en liberté?
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