‹ Poésies (volume 3)Chapitre 20 sur 140 · VICTOR PAVIE · texte numérisé non relu

VICTOR PAVIE

LA rosée arrondie en perles Scintille aux pointes du gazon; Les chardonnerets et les merles Chantent à l'envi leur chanson ;

Les fleurs de leurs paillettes blanches Brodent le bord vert du chemin ; Un vent léger couvre les branches Du chèvrefeuille et du jasmin ;

Et la lune, vaisseau d'agate.

Sur les vagues des rochers bleus S'avance comme la frégate Au dos de l'Océan houleux.

Jamais la nuit de plus d'étoiles N'a semé son manteau d'azur, Ni, du doigt entr'ouvrant ses voiles.

Mieux fait voir Dieu dans le ciel pur.

Prends mon bras, ô ma bien-aimée,

Et nous irons, à deux, jouir

De la solitude embaumée.

Et, couchés sur la mousse, ouïr

Ce que tout bas, dans la ravine Où brillent ses moites réseaux.

En babillant, l'eau qui chemine Conte à l'oreille des roseaux.

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