‹ Poésies (volume 3)Chapitre 22 sur 140 · LA BASILIQUE · texte numérisé non relu

LA BASILIQUE

La f.uitastique arabesque Courbe ses légers dessins Autour du trèfle moresque, De l'arcade gigantesque Et de la niche des saints.

Dans leurs armes féodales, Vidâmes et chevaliers Sont là, couchés sur les dalles Des chapelles sépulcrales, Ou debout près des piliers.

Des escaliers en dentelles Montent avec cent détours Aux voûtes hautes et frêles, Mais fortes comme les ailes Des aigles ou des vautours.

Sur l'autel, riche merveille, Ainsi qu'une étoile d'or.

Reluit la lampe qui veille, La lampe qui ne s'éveille Qu'au moment où tout s'endort.

Que la prière est fervente Sous ces voûtes, lorsque en feu Le ciel éclate, qu'il vente.

Et qu'en proie à l'épouvante.

Dans chaque éclair on voit Dieu ;

Ou qu'à l'autel de Marie, A genoux sur le pavé.

Pour une vierge chérie Qu'un mal cruel a flétrie.

En pleurant l'on dit : Ave!

Mais chaque jour qui s'écoule Ebranle ce vieux vaisseau ; Déjà plus d'un mur s'écroule, Et plus d'une pierre roule, Large fragment d'un arceau.

Dans la grande tour, la cloche Craint de sonner VAngelus.

Partout le lierre s'accroche, Hélas ! et le jour approche Où je ne vous dirai plus :

Il est une basilique Aux murs moussus et noircis.

Du vieux temps noble relique.

Où l'àme mélancolique Flotte en pensers indécis.

l'oiseau CAPTIF 49

L'OISEAU C^TTIF

Car quand il pleut et le soleil des cieux Ne reluit point, tout homme est soucieux.

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