‹ Poésies (volume 3)Chapitre 24 sur 140 · MAÎTRE CLÉMENT MAROT · texte numérisé non relu

MAÎTRE CLÉMENT MAROT

VOICI ce que j'ai vu naguère en mon sommeil : Le couchant enflammait à l'horizon vermeil Les carreaux de la ville ; et moi, sous les arcades D'un bois profond, au bruit du vent et des cascades, Aux chansons des oiseaux, j'allais, foulant des fleurs Qu'un arc-en-ciel teignait de changeantes couleurs. Soudain des pas légers froissent l'herbe ; une femme, Que j'aime dès longtemps du profond de mon âme. Comme une jeune fée accourt vers moi ; ses yeux A travers ses longs cils luisent de plus de feux Que les astres du ciel ; et sur la verte mousse A mes lèvres d'amant livrant une main douce, Elle rit, et bientôt enlacée à mes bras Me dit, le front brûlant et rouge d'embarras, Ce mot mystérieux qui jamais ne s'achève... O nuit trompeuse ! Hélas ! pourquoi n'est-ce qu'un rêve ?

52 TREMIÈRES POÉSIES

TE'K.SÉES T>'^UTOMn,E

La rica autouna s'es passada L'hiver suz un cari tourat S'en ven la capa ementonlada D'un veû neblouz enjalibrat.

Soi aiiloutious.

l'entends siffler la bise aux branchages rouilles Des saules qui li-bas se balancent mouillés. AUGUSTE M .

L'automne va finir: au milieu du ciel terne, Dans un cercle blafard et livide que cerne Un nuage plombé, le soleil dort; du fond Des étangs remplis d'eau monte un brouillard qui fond Collines, champs, hameaux, dans une même teinte; Sur les carreaux la pluie en larges gouttes tinte ; La froide bise siffle ; un sourd frémissement Sort du sein des forêts ; les oiseaux tristement. Mêlant leurs cris plaintifs aux cris des bêtes fauves. Sautent de branche en branche à travers les bois chauves. Et semblent aux beaux jours envolés dire adieu. Le pauvre paysan se recommande à Dieu, Craignant un hiver rude; et moi, dans les vallées Quand je vois le gazon sous les blanches gelées Disparaître et mourir, je reviens à pas lents M'asscoir, le cœur navré, près des tisons brûlants,

PENSÉES d'automne 55

Et là je me souviens du soleil de septembre

Qui douuait à la grappe un jaune reflet d'ambre,

Des pommiers du chemin pliant sous leur fardeau,

Et du trèfle fleuri, pittoresque rideau

S'étendant à longs plis sur la plaine raj'ée,

Et de la route étroite en son milieu frayée,

Et surtout des bleuets et des coquelicots,

Points de pourpre et d'azur dans l'or des blés égaux.

l'U.FIVÉLITÉ

Bandiera d'ogni veino Conosco que sei tu.

Chavson italienne.

La volonté de l'ingrate est changée.

Page 1