‹ Poésies (volume 3)Chapitre 28 sur 140 · PHILIPPE DESPORTES · texte numérisé non relu

PHILIPPE DESPORTES

JE voudrais l'oublier, ou ne pas la connaître... Oh, si j'avais pensé que dans mon cœur dût naître Ce feu qui le dévore et qui ne s'éteint pas, Loin d'elle encore à temps j'aurais porté mes pas... Mais non, il le fallait; c'était ma destinée! Contre elle vainement dans mon âme indignée Je crie et me révolte ; il le fallait. Le soir, A l'ombre des tilleuls elle venait s'asseoir. Je la voyais. Son front candide où ses pensées D'une rougeur pudique arrivent nuancées, Sous l'arc d'un sourcil brun son œil étincelant, Par un éclair rapide en silence parlant. Et ses propos naïfs, et sa grâce enfantine. Et parfois dans nos jeux sa colère mutine, Tout en elle d'amour et d'espoir m'enivrait. A des songes dorés mon âme se livrait. Elle était tout pour moi qui ne suis rien pour elle ! De ses affections ombre et miroir fidèle,

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