LE CHASTEL.MN DE COUCY
C'ÉTAIT une âme neuve, une âme de créole, Toute de feu, cachant à ce monde frivole Ce qui fait le poète, un inquiet désir De gloire aventureuse et de profond loisir, Et capable d'aimer comme aimerait un ange ; Ne trouvant en chemin que des âmes de fange ; Peu comprise, blessée au vif à tout moment, Mais n'osant pas s'en plaindre, et, sans épanchement, Sans consolation, traversant cette vie; Aix entraves du corps à regret asservie ; Hsquif infortuné que d'un baiser vermeil Dans sa course jamais n'a doré le soleil, Triste jouet du vent et des ondes ; au reste, Résignée à l'oubli, nécessité funeste D'une existence vague et nianquée; ici-bas Ne connaissant qu'amers et douloureux combats Dans un corps abattu sous le chagrin, et frêle Comme un épi courbé par la pluie ou la grêle ; Encore si la foi..., l'espérance..., mais non. Elle ne croyait pas, et Dieu n'était qu'un nom
Pour cette âme ulcérée... Enfin au cimetière, Un soir d'automne sombre et grisâtre, une bière Fut apportée: un être à la terre manqua; Et cette absence, à peine un cœur la remarqua.
SOUVE'K.nL
Deux estions et n'avions qu'ung cœur.
Le Lay de inaistre Yticr Marchant.
Hélas ! il n'estoit pas saison Si tôt de son département.
La Cotiiplaiule de Valeniiu Graiison,
'elle que reste-t-il aujourd'hui? Ce qui reste Au réveil d'un beau rêve, illusion céleste ; Ce qui reste l'hiver des parfums du printemps, De l'émail velouté du gazon ; au beau temps. Des frimas de l'hiver et des neiges fondues ; Ce qui reste le soir des larmes répandues Le matin par l'enfant, des chansons de l'oiseau, Du murmure léger des ondes du ruisseau. Des soupirs argentins de la cloche, et des ombres duand l'aube de la nuit perce les voiles sombres.