LE JARDIN DES PLANTES
Destinés à grossir un trop mince volume. Vains projets ! notre esprit est pareil à la plume, Un souffle d'air l'emporte hors de son droit chemin, Et nul ne peut prévoir ce qu'il fera demain. Aussi moi, pauvre fou, séduit par l'étincelle Qui, furtive, jaillit d'une noire prunelle, Par un rire qui livre aux yeux de blanches dents, Oubliant prose et vers, de mes regards ardents Je suis la jeune fille, et bientôt, moins timide. J'égale à son pas leste et prompt mon pas rapide. Je risque quelques mots et place sous mon bras, duoiqu'on dise : « Méchant !» etqu'onne veuille pas. Une main potelée ; et nous allons à l'ombre. Dans un lieu du jardin bien tranquille et bien sombre, Faire mieux connaissance, et jouer et causer Et sur le banc de pierre après nous reposer. Et nous nous promettons de nous revoir dimanche; Et je reviens avec ma feuille toute blanche.