‹ Poésies (volume 3)Chapitre 45 sur 140 · FRANÇOIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS

CHER ange, vous êtes belle A faire rêver d'amour, Pour une seule étincelle De votre vive prunelle, Le poète tout un jour.

Air naïf de jeune fille, Front uni, veines d';i2ur, Douce haleine de vanille.

Bouche rosée où scintille Sur l'ivoire un rire pur.

Pied svelte et cambré, main blanche, Soyeuses boucles de jais, Col de cygne qui se penche.

Flexible comme la branche Qu'au soir caresse un vent frais.

Vous avez, sur ma parole, Tout ce qu'il faut pour charmer ; Mais votre âme est si frivole, Mais votre tète est si folle, Qiie l'on n'ose vous aimer.

SOLEIL COUCH^i'KT

Notre-Dame, Que c'est beau !

VICTOR HUGO

EN passant sur le pont de la Tournelle, un soir, Je me suis arrêté quelques instants pour voir Le soleil se coucher derrière Notre-Dame. Un nuage splendide à l'horizon de flamme, Tel qu'un oiseau géant qui va prendre l'essor, D'un bout du ciel à l'autre ouvrait ses ailes d'or;

— Et c'étaient des clartés à baisser la paupière. Les tours au front orné de dentelles de pierre, Le drapeau que le vent fouette, les minarets Qui s'élèvent pareils aux sapins des forêts,

Les pignons tailladés que surmontent des anges Aux corps raides et longs, aux figures étranges, D'un fond clair ressortaient en noir; l'Archevêché, Comme au pied de sa mère un jeune enfant couché, Se dessinait au pied de l'église, dont l'ombre S'allongeait à l'entour mystérieuse et sombre.

— Plus loin, un rayon rouge allumait les carreaux D'une maison du quai. — L'air était doux, les eaux Se plaignaient contre l'arche à doux bruit, et la vague De la vieille cité berçait l'image vague ;

Et moi, je regardais toujours, ne songeant pas Que la nuit étoilée arrivait à grands pas.

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