SONNET IV
SO'K'KEl IV
Oli ! la paresseuse fille.
Sara la Baigneuse.
LORSQUE je VOUS dépeins cet amour sans mélange, Cet amour à la fois ardent, grave et jaloux, Qj-ie maintenant je porte au fond du cœur pour vous, Et dont je me raillais jadis, ô mon jeune ange,
Rien de ce que je dis ne vous paraît étrange. Rien n'allume en vos yeux un éclair de courroux ; Vous dirigez vers moi vos regards longs et doux, Votre pâleur nacrée en incarnat se change.
Il est vrai, — dans la mienne, en la forçant un peu, Je puis emprisonner votre main blanche et frêle, Et baiser votre front si pur sous la dentelle:
Mais — ce n'est pas assez pour un amour de feu ; Non, ce n'est pas assez de souffrir qu'on vous aime, Ma belle paresseuse 1 il faut aimer vous-même.
E'H.F^n.TILL^GE
Hanneton, vole, vole, vole.
Ballade des petites filles.
LORSQUE la froide pluie enfin s'en est allée Et que le ciel gaîment rouvre son bel œil bleu, Ennuyé d'être au gite et de couver le feu, Comme les moineaux francs, je reprends ma volée.
A Romainville, — ou bien dans les prés Saint-Gervais, Curieux de savoir si l'aubépine blanche A déjà fait neiger son givre sur la branche, Par l'herbe et la rosée, en pépiant, je vais.
Me faisant du bonheur avec la moindre chose :
— D'une goutte d'eau claire, où, sous un rayon pur. Se baigne un scarabée au corselet d'azur,
D'une abeille en maraude au cœur d'une fleur rose.
D'un brin d'herbe où la Vierge a filé son coton.
— Mais plus que tout cela j'aime sous les charmilles, Dans le parc Saint-Fargeau, voir les petites filles Emplir leurs tabliers de pain de hanneton.