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ADIEU, puisqu'il le faut, adieu, belle nuit blanche, Nuit d'argent, plus sereine et plus douce qu'un jour 1 Ton page noir est là, qui, le poing sur la hanche, Tient ton cheval en bride et t'attend dans la cour.
Aurora, dans le ciel que brunissaient tes voiles, Entr'ouvre ses rideaux avec ses doigts rosés ; O nuit ! sous ton manteau tout parsemé d'étoiles Cache tes bras de nacre au vent froid exposés.
Le bal s'en va finir. Renouez, heures brunes, Sur vos fronts parfumés vos longs cheveux de jais. N'entendez-vous pas l'aube aux rumeurs importunes Qui halète à la porte et soufHe son air frais î
Le bal est enterré. Cavaliers et danseuses, Sur la tombe du bal jetez à pleines mains Vos colliers défilés, vos parures soyeuses, Vos blancs camélias et vos pâles jasmins.
Maintenant c'est le jour. La veille après le rêve, La prose après les vers : c'est le vide et l'ennui; C'est une bulle encor qui dans les mains nous crève; C'est le plus triste jour de tous, c'est aujourd'hui.