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LA FUMEE

L^i FUMEE

SONNET

SOUVENT nous fuyons en petit coupé, Car chez moi toujours la sonnette grince. Et les visiteurs qu'en vain l'on évince Chassent le plaisir de mon canapé.

Couple par l'amour et l'hiver groupé, Nous nous serrons bien, car la bise pince; Sur mon bras se cambre un corps souple et mince, D'un châle à longs plis bien enveloppé.

Dans une voiture au pas et fermée, Pour nous embrasser, il serait bourgeois De baisser le store au milieu du Bois ;

J'allume un cigare, et ma bien-aimée

Un papelito roulé par ses doigts.

Et l'Amour, pour voile, a cette fumée.

252 l'OÉSIKS NOU VHI.I.K S

TTlOO^CE'hUA'DE HO%S 'DES MU%S

SONNET

UATRÈS UNE EAU-FORTE DE I. EYS

ni; ville gotliiquc, avec tout sou détail, Pignons, clochers et tours, forme la perspective ; Par les portes s'élance une foule hâtive, Car déjà le printemps des prés verdit l'émail.

Le bourgeois s'endimanche et quitte son travail; L'amoureux par le doigt tient l'amante craintive, D'une grâce un peu raide, ainsi que sous l'ogive Une sainte en prison dans le plomb d'un vitrail.

Quittant, par ce beau jour, bouquins, matras, cornues, Le docteur Faust, avec sou fainiihis Wagner, S'est assis sur un banc et jouit du bon air.

Il vous semble revoir des figures connues: Wohgemuth et Cranach les gravèrent sur bois, Et Leys les fait revivre une seconde fois.

25 octobre 1868.

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