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SONNET VIII

LES "DEESSES VOSE'K.T

PARFOIS, une déesse pose (Hébert du moins s'en est vanté), Entr'ouvrant son voile argenté Dans un reflet d'apothéose.

Votre portrait prouve la chose Par son air de divinité ; César y mit la majesté, Et Vénus le sourire rose.

Des perles à l'éclat tremblant Ruissellent sur votre col blanc, Comme des gouttes de lumière.

Mais si le collier vous manquait, Vous seriez dans une chaumière Reine encore avec un bouquet !

i8 mars iS68.

202 pot su; S NOUVKI. LliS

SONNET IX

'B'^'T'K.JiS r^4-X.UTELLI

A kl Pi.izctta, sous l'ombre des portiques, Vanutelli nous montre, en leur costume ancien, Dames et jeunes gens à l'air patricien Causant entre eux d'amour ou d'affaires publiques.

Hors du cadre, évoqués par des cbarnics ma<;iques, On croit voir des portraits de Giorgione ou Titien Qiii, sous le velours noir du loup vénitien, hbauclient, comme au bal, des intrigues obliques.

Les pigeons de Saint-Marc s'abattent à leurs pieds Avec roucoulements et frémissements d'ailes ; Prés des galants trompeurs sont les oiseaux fidèles!

Seigneurs, dames, pigeons, par vous sont copiés D'une touche à la lois si libre et naturelle, Q.u'on dirait le tableau fait d'après l'aquarelle 1

l'égratignure 263

SONNET X

VEG%..iT IGn> U%E

x-\UAND vous vîntes dimanche, en déesse p.irée, v^^Avec tous vos rayons éblouir votre cour, Chacun disait, voyant ce buste au pur contour : « C'est Vénus de Milo d'une robe accoutrée ! «

Mais votre épaule était d'un trait rouge effleurée : Tel le ramier blanc saigne aux serres de l'autour. Telle rosit la neige aux premiers feux du jour; Le carmin s'y mêlait à la pâleur nacrée.

Quelle audace a rayé ce marbre de Paros ? Vous en donniez la faute à l'épaulette étroite, Mais moi j'en accusais la flèche d'or d'Éros:

11 vous visait au cœur; la pointe maladroite (Car le dieu tremblait fort devant tant de beauté) N'atteignit pas le but et glissa de côté !

21 avril iSég.

264 , POUSIl-S NOUVELLES

SONNET XI

-mi:lot)Ii- i:t L'^cco^cT^cK.ncscn'KjT

LA be.iutc, dans hi temnie, est une mélodie Dont la toilette n'est que l'accompagnement. Vous avez la beauté. — Sur ce motif charmant, A chercher des accords votre goût s'étudie :

Tantôt c'est un corsage à la coupe hardie

Qui s'applique au contour, comme un baiser d'amant ;

Tantôt une dentelle au feston écumant,

Une fleur, un bijou qu'un reflet incendie.

La gaze et le satin ont des soirs triomphants; D'autres fois une robe, avec deux plis de moire, Aux épaules vous met deux ailes de victoire.

Mais de tous ces atours, ajustés ou bouflants,

Orchestre accompagnant votre gr.-ice suprême,

Le cœur, comme d'un air, ne retient que le thème !

23 avril 1869.

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