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PREMIER ACTE

ARCniBALD SINCLAIR. I LAURA.

A Paris, chez Georges d'Elcy. Le théâtre représente un salon.

SCE'K.E 'PTlEMIETin

GEORGES, ARCHIDALD SINCLAIR, FANNY, L A U R E . Les deux femma sont masquées.

UNE V O I X , à la cantonade.

On ne

entre pas !

FANNY

Si fait, l'on entre, nigaud ; place Pour Laura, pour Fanny, rats de première classe,

* Ce fragment est la première version de L'Amour souffle où il veut.

Marquises de Bréda, Duchesses du Helder, Et pour leur sigisbé, sir Archibald Sinclair!

L A U R A , à Georges.

As-tu peur que tout vif Mardi-gras ne t'emporte, Que tu couches ton groom au travers de ta porte?

SINCLAIR

Georges, veux-tu venir au bal de l'Opéra?

Jusques au déjeuner le souper durera.

SINCLAIR

Elle a, je t'en préviens, quand le matin arrive, Le rhum sentimental et la truffe expansive.

GEORGES

Je préfère rester.

Fi, le jeune Caton 1

GEORGES

Je me sens mal en train.

Mets un nez de carton,

Il n'est rien de meilleur pour la mélancolie.

SINCLAIR

Viens, nous rirons.

298 l>0l';SI1ZS NOUVELLES

Je suis notoirement jolie, Et tu ne risques pas de voir au démasqué Un front, d'un millésime impossible marqué.

GEORGES

Je le sais.

Q.uand on lance au plafond une assiette. L'assiette du plafond redescend caslagnette; J'y jetterai la mienne, et je te servirai Au dessert, sur la nappe, un JaJeo... cambré!

GEORGES

Merci du JaJco!

Quelle vertu tigresse !

SINCLAIR

Mais tu fiiis le huitième aux sept sages de Grèce !

FANNY

Poussière, souviens-toi qu'on est en carnaval, Et que, du bal sorti, l'homme retourne au bal !

SINCLAIR

Folle !

FANNY

Rentrer la nuit, se coucher quand on danse. Ah ! quelle barbarie et quelle décadence !

Georges, tu baisses.

GEORGES

Non, je remonte.

Je crains, Mon lion, qu'on ne t'ait coupe griffes et crins. Et que, piteusement, tu n'aimes en cachette Une pensionnaire ou bien une grisette!

Où donc est-il passé, ce charmant compagnon Qui jamais au plaisir n'avait répondu : « Non, » Et, les soirs de début, dirigeant la cabale, Se prélassait si fier dans la Loge infernale; Cet élégant pilier du café Tortoni, Ce gentleman rider de la Croix de Berny, Q.u'Ed\vard et Robinson, que tant d'audace effraie, N'ont jamais distancé dans la course de haie; Ce moderne don Juan que nul n'égalera, Méduse des maris, amour de l'Opéra, Qui jetait pour mouchoir des cornets de dragées Aux vertus du ballet en espalier rangées!... Regarde ton habit à la mode d'hier, Toi le Brummell français dont Chevreul était fier. Et ce gilet gothique, image de ton âme. Qui te signe bourgeois et prêt à prendre femme 1 Ta cravate mal mise a des plis pleins d'aveux. Et l'on t'accuse, au club, de bagues en cheveux. C'en est fait ! Lovelace est séduit par Clarisse 1 Adieu la folle vie et le libre caprice I Adieu sport, lansquenet, cigares, fins soupers. Chiens, chevaux, vie à deux dans les petits coupés,

300 l'Ol'-SIES NOUVl-I. Lns

Avant-scènes, gants blancs, bouquets, cUicls, intrigues ! Tu vas manger le veau qu'on garde aux fils prodigues ; Entre iious tout lien désormais est brisé, Prends du ventre, sois cluuive et... minotaurisé!

SINCLAIR

Quel speech pour une mime et quelle langue ingambe ! Tu tournes une phrase ainsi qu'un rond de jambe!

F AXN Y , à Laura.

Viens, laissons mariner sa vertu dans l'ennui. Suivez-nous, Archibald.

SINCLAIR

Non, je reste avec lui ; Je vous retrouverai plus tard sous la pendule.

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