‹ PoésiesChapitre 26 sur 145 · L'ESCLAVE · texte numérisé non relu

L'ESCLAVE

CAPTiv'E et peut-être oubliée, Je songe à mes jeunes amours.

A mes beaux jours, Et par la fenêtre grillée Je regarde l'oiseau joyeux Fendant les cieux.

Douce et pâle consolatrice, Espérance, rayon d'en haut.

Dans mon cachot Fais-moi, sous ta clarté propice, A ton miroir faux et charmant

Voir mon amant !

Auprès de lui, belle Espérance, Porte-moi sur tes ailes d'or.

S'il m'aime encor, Et, pour endormir ma souffrance.

Suspends mon âme sur son cœur

Comme une fleur!

78 POl'iSIES DlVIiRSUS

LES TACHES J^UlsLES

Si;uL, le coude dans la plume, J'ai froissé jusqu'au matin Les feuillets d'un o;ros volume Plein de grec et de latin;

Car nulle étroite pantoufle Ne traîne au pied de mon lit, Et mon chevet n'a qu'un souffle Sous ma lampe qui pâlit.

Cependant des meurtrissures Marbrent mon corps, que n'a pas Tatoué de ses morsures Un vampire aux blancs appas.

S'il faut croire un conte sombre, Les morts aimés autrefois Nous marquent ainsi, dans l'ombre, Du sceau de leurs baisers froids.

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