‹ PoésiesChapitre 43 sur 145 · IX DESERTO · texte numérisé non relu

IX DESERTO

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LES pitons des sierras, les dunes du désert, Où ne pousse jamais un seul brin d'herbe vert; Les monts aux flancs zébrés de tuf, d'ocre et de marne, Et que l'éboulement de jour en jour décharné. Le grès plein de micas papillotant aux yeux. Le sable sans profit buvant les pleurs des cieux, Le rocher refrogné dans sa barbe de ronce. L'ardente solfatare avec la pierre-ponce, Sont moins secs et moins morts aux végétations Q.ue le roc de mon cœur ne l'est aux passions. Le soleil de midi sur le sommet aride Répand à flots plombés sa lumière livide, Et rien n'est plus lugubre et désolant à voir Que ce grand jour frappant sur ce grand désespoir. Le lézard pâmé baille, et parmi l'herbe cuite On entend résonner les vipères en fuite. Là, point de marguerite au cœur étoile d'or. Point de muguet prodigue égrenant son trésor ; Là, point de violette ignorée et charmante. Dans l'ombre se cachant comme une pâle amante; Mais la broussaille rousse et le tronc d'arbre mort, due le genou du vent, comme un arc, plie et tord.

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