ADIEUX A LA POÉSIE
ADIEUX ^ L^ TOESIE
SONNET
ALLONS, ange déchu, ferme ton aile rose; Ote ta robe blanche et tes beaux rayons d'or ; Il fout, du haut des cieux où tendait ton essor, Filer comme une étoile, et tomber dans la prose.
Il fout que sur le sol ton pied d'oiseau se pose. Marche au lieu de voler: il n'est pas temps encor; Renferme dans ton cœur l'harmonieux trésor; due ta harpe un moment se détende et repose.
O pauvre entant du ciel, tu chanterais en vain : Ils ne comprendraient pas ton langage divin ; A tes plus doux accords leur oreille est fermée !
Mais, avant de partir, mon bel ange à l'œil bleu. Va trouver de ma part ma pâle bien-aimée, Et pose sur son front un long baiser d'adieu !
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