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II

lyO POÉSIliS NOUVliLLliS

Tout dans eu buau climat dIIVc une poésie Dont, si rude qu'on soit, on a l'ànii; saisie. dui ne serait poète en face de ce ciel. Baldaquin de saphir, coupole transparente, Où par les citronniers la tiède bise errante Ressemble aux chansons d'Ariel?...

Quel plaisir! quel bonheur! — Une lumière nette Découpe au front des tours la moindre colonnette; Les palais, les villas, les couvents, dans le bleu Profilent hardiment leur silhouette blanche; Une fleur, un oiseau, pendent de chaque branche; C^haque prunelle roule un diamant de icu.

Le petit chevrier hâlé de la Sabine, Le bandit de l'Abruzze avec sa carabine. Le moine à trois mentons qui dit son chapelet. Le chariot toscan, traîné de bœufs difformes Qui fixent gravement sur vous leurs yeux énormes. Le pêcheur drapé d'un iilet,

La vieille mendiante au pied de la Madone,

L'enfant qui joue auprès, tout pose, tout vous donne

Des formes et des tons qui ne sont point ailleurs.

Baigné du même jour qui fit Paul Véronèse,

Le coloriste fier doit se sentir à l'aise.

Loin du public bourgeois, loin des écrivailleurs.

Partout de l'harmonie ! En ce pays de fées, La voix ne connaît pas de notes étouffées. Tout vibre et retentit, les mots y sont des chants, La musique est dans l'air, — parler bientôt s'oublie : Comme ailleurs on respire, on chante en Italie ; Le grand opéra court les champs.

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