LE LION DE LATLAS I
duand il est assez près, la main se change en griffe, Un long rugissement suit la plainte apocryphe, Et vingt crocs dans les chairs enfoncent leurs poignards. — N'as-tu pas honte, Atlas, montagne aux nobles cimes, De voir tes grands lions, jadis si magnanimes. Descendre maintenant à des tours de renards ?
198 l'Olisil-S NOUVIiLLICS
LE 'BÉTiOUrK, ET L^ D^CE%
POUR 1:1 première fois, voyant Li nier à Bône, Un Bédouin du désort, venu d'El-Kantara, Comparait cet azur à l'immensité jaune Qiie piquent de points blancs Tuggurt et Biskara,
Et disait, étonné, devant l'humide plaine: « Cet espace sans borne, est-ce un sahara bleu. Plongé, conmie l'on fait d'un vêtement de laine. Dans la cuve du ciel par un teinturier dieu? »
Puis, s'approchant du bord, où, lasses de leurs luttes. Les vagues, retombant sur le sable poli. Comme un chapiteau grec contournaient leurs volutes Et d'un feston d'argent s'ourlaient à chaque pli :
« C'est de l'eau! cria-t-il ; qui jamais l'eût pu croire? Ici, là-bas, plus loin, de l'eau, toujours, encori Toutes les soifs du monde y trouveraient à boire Sans rien diminuer du transparent trésor,