‹ PoésiesChapitre 84 sur 145 · EBAUCHE DE PIERROT POSTHUME 2O · texte numérisé non relu

EBAUCHE DE PIERROT POSTHUME 2O

En proie aux curiosités De certains juges entêtés A s'occuper de ses affaires, II partit pour l'Espagne et fut pris des corsaires !

COLOMBINE

Hélas ! pris et pendu ! car le pauvre garijon

N'avait pas dans l'escarcelle

De quoi payer sa rançon ; Alors ils ont occis des époux le modèle !

Mais c'est assez, plus un mot !

Car la femme de Pierrot Ne doit pas être soupçonnée I

204 POl-SIES NOUVKI. LF. S

LE GL^S l'N.TÉIlIEUX

Cu.MMU autrefois pale et serein Je vis, Ju moins on peut le croire.

Car sous ma redingote noire J'ai boutonné mon noir chagrin.

Sans qu'un mot de mes lèvres sorte, Ma peine en moi pleure tout bas; lù toujours sonne comme un glas Cette phrase : Ta mère est morte !

Au bois de Boulogne on me voit, Comme un dandy que rien n'occupe, Suivre à cheval un pli de jupe Sous l'ombre du sentier étroit.

Même quand le galop m'emporte, Ma peine vole sur mes pas, Et toujours sonne comme un glas Cette phrase : Ta mère est morte !

A l'Opéra, comme autrefois,

Je tiens au bout de ma lorgnette

La Carlotta qui pirouette

Ou Duprez qui poursuit sa voix.

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