‹ PoésiesChapitre 92 sur 145 · LES RODEURS DE NUIT · texte numérisé non relu

LES RODEURS DE NUIT

LES %0T)EUTIS T>E 'MUIT

MINUIT résonne au beffroi sombre; Débauchés, voleurs et hiboux, Peuple furtif qu'éveille l'ombre, Joyeusement quittent leurs trous.

On voit courir aux aventures

Les gentilshommes de la nuit ;

Les bourgeois, sous leurs couvertures,

Se blottissent, tremblant au bruit.

Ce sont des duels sous les lanternes.

Des cris de ribaudes qu'on bat, Des pots cassés dans les tavernes.

Et des chants, échos du sabbat.

... Tout se tait. — La patrouille passe. Rythmant son pas sur le pavé.

Le noir essaim fuit dans l'espace...

Le matin honnête est levé 1

222 POESIES NOUVi; I, I. I-.S

LE TTIOFIL TE'll^)U

STANCES

Qu'elle me plaît, en son costuim; antique, Cette beauté, blanche sur un fond noir, Rêve d'amour qu'un pinceau poétique Cache à demi, pour mieux la taire voir!

On n'aperi;oit de toute la figure Qu'un bras superbe et qu'un profil perdu ; Mais si charmant, si parfait, qu'on augure Bien des trésors dans ce sous-entendu 1

Un lourd chignon baigne la nuque blonde, Flots d'or où luit un peigne en diamants; Vénus ainsi dut, au sortir de l'onde, Tordre et nouer ses cheveux écumants.

A l'art exquis s'ajoute le mystère, Le Sphinx coquet irrite le désir.

Mais il dit tout en paraissant se taire ; S'il se tournait, nous mourrions de plaisir!

22 nmi i8é;.

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