CANDEUR
Il n'y a pas une seule trahison de femme dans ce poète : pour nous consoler de Rouen et nous purger de Paris, il ne se soucie pas de nous mettre au vert à Yon ville. Le seul soupçon entraîne la tragédie ; et plus il est injuste, plus la tragédie est sanglante. Shakspeare se prive par là de l'élément terrible qui nourrit la réalité violente du théâtre français. Il rend d'ailleurs plus forcenée la peinture de la jalousie virile : pour la mieux allumer de fureur, il l'a mise dans ce demi-nègre et demi-smge d'Othello : comme les yeux blancs restent dans la face noire, qu'il soit de Venise ou du Maroc, le More jaloux ressent en bête féroce cette passion, la plus sombre et la plus animale de toutes. Pour Racine, la jalousie à tous les degrés mène à tout : elle est la fatalité des affaires humaines. Néron même est jaloux ; ce n'est pas un jeu de mots que la jalousie du pouvoir est la passion d'Agnppme. Athalie est jalouse de Dieu. Là encore, Stendhal fait l 'entre-deux : la jalousie a son rôle dans le monde qu'il a créé ; mais il y ôte beaucoup, pour donner bien davantage aux passions tendres. Les femmes de Shakspeare, si leur amour est soupçonné, elles sont perdues. Leurs amants et leurs maîtres sont des tyrans qui délirent et qui ne veulent rien entendre : le doute, pour eux, suffit à la condamnation ; et leur violence ne connaît pas d'autre peine que la mort. Leurs victimes se défendent à peine : elles-mêmes se condamnent, les douces femmes ; la vie ne leur est plus un bien ; elles ne luttent guère : l'homme est trop fort et
trop farouche ; sa rage d'orgueil est trop présente. La calomnie a bien tôt fait de les vaincre ; ou la folie de leurs maîtres, ou la méchanceté du hasard qui les accuse. Elles se vouent à la fuite ; et elles fuient pour prévenir l'abandon. Elles se forcent, sans délai, à mourir ; car la fuite et l'abandon sont à ces cœurs charmants les appartements de la mort ; et la mort est la chambre vide. Qu'il faut donc aimer les femmes, pour les concevoir toujours immolées, toujours victimes ! Moins quelques fureurs, déchaînées dans les drames de l'orgueil et de la souveraineté, toutes les filles de Shakspeare sont faites de Titania, d'Imogène et Rosalinde. Cet adorable génie a touché même Cléopâtre : sans la défigurer et toute Egypte qu'elle soit, Shakspeare en fait une Titania impératrice de l'histoire. Elle est fée ; elle joue avec les empereurs et les empires comme la folle libellule d'Obéron avec les songes. Et après tout, Antoine n'est pas si loin de Bottom. Combien de Bottoms sous la pourpre, prétendus maîtres du monde, ont joué les Antoines ; et l'histoire, ni les ministres d'Etat, ni les poètes de cour ne l'avouent : ils ne s'en avisent même pas. Pour moi, sans avoir vécu un long siècle, j ai peu vu de souverains et d'hommes d'Etat en qui Polonius et Bottom ne me parussent très visibles : les chefs de république tiennent plus de Bottom, et plus de Polonius les rois. La politique des femmes est la plus hideuse prostitution et peut-être la seule qui ne fasse plaisir à personne, pas même au favori. Elles sont avec l'Etat comme avec les poètes qu'elles imitent : elles se prennent pour lui, et le font aussitôt servir à leur toi-
lette. La gloire est un cosmétique, un émail pour rendre un peu de jeunesse au grain rougi de la poitrine et aux rides du cou. Quand, de surcroît, elles se sentent la mission du droit et de la justice, comme elles disent, le soir d*Héliogabale est venu. Elles vont au Sénat accompagnées du grand-prêtre et des juristes, et César poudré va au ht. Car de deux il faut toujours quM y ait une femme. Dans la forêt des Ardennes, la rose est la rose et Rosalinde est Rosalinde.
Il est bien vain de rêver sur les femmes, qui sont aussi simples que la terre ; mais il est bien impossible d'être homme si Ton ne rêve sur elles ; et tout Tamour humain est fait d'un songe, que ne connaît point la terre attentive, ce pendant qu'elle l'appelle.
Pour les femmes que rêve le poète et qui sont si loin de celles que la nature lui montre, k vie n'est qu'un pur amour. Elles y sont jeunes filles à tout âge, et viennent d'y naître. Ce qu'on leur devine d ivresse et de volupté est toujours une passion de l'âme. Le monde nous offre l'essai de la fleur féminine et nous en présente la forme : mais le poète la réalise. Il fait de la femme cette rose idéale dont toute la chair est le cœur, dont la tendresse est la passion que rien n'altère et si suave que la ravissante beauté en semble la parure naturelle, et la grâce le naturel et simple vêtement. Gageure plus folle encore : la poésie cueille cette rose périssable pour qu'elle dure.
Leur ardeur se soupçonne ; comme celle des roses qui se donnent au soleil, elle paraît immatérielle. Leur passion se fait plus voluptueuse d être si chaste. Mainte goutte de sang avive de pudeur purpurine ces tendres contours. La chasteté, sans doute, n est qu une grâce de plus : elle embaume l'idée de l amour et prête une haleine de paradis au désir même. Ces femmes de Shakspeare y perdent un peu de la réalité sournoise et terrible qu'on voit aux amantes de Racine, bien plus jeunes femmes que jeunes filles. Elles ne sont pas si vraies ni si proches de la vie commune ; mais elles sont plus flatteuses au songe délicieux que l'homme bien né se fait de l'amour : sans rêve il n'est pas de délice. Tout poète est à jamais sous le signe de la Vierge. L'art moderne et l'amour ne se passent pas plus de Cléopâtre que de Notre Dame. Les amoureuses de Racine sont des chrétiennes qui délirent, et que la fureur d'aimer rend d'un seul coup à l'enfer païen. J'avoue que de toutes les créatures faites pour séduire l'homme, les filles de Stendhal sont les plus riches, en douleurs et en délices, en toute sorte de promesses et toutes tenues par la réalité. Elles sont femmes comme celles de Racine, et non moins fleurs ou jeunes filles que celles de Shakspeare. Nul n'a jamais dit encore la vraie grandeur de Stendhal, poète de l'amour. Les reines sont de Racine ; les fées sont de Shakspeare ; mais les princesses d'amour sont de Stendhal :
U amour a tous les droits^ l* amour est le seul maître ;
U amour seul est sauveur, et seul il le doit être.
Le pur amour de la jeunesse est le dieu visible de
la nature. Dans Thomme, ce jeune amour n'est vraiment humam que s il est mnocent, sans réserve et sans retour. Il vient à bout de tous les malheurs, de tous les scélérats et de tous les complots. Devant lui, la sagesse de Prospéro abdique. Le prince Florisel, menacé de tout perdre dans son cher amour, est sûr de tout gagner, si son amour lui demeure. Le pire danger le contrarie et ne Tef fraie pas ;
Rien ne peut me changer : je suis ce que fêtais. Le plus tragique des poètes est le plus tendre. Le poignard, la hache et le poison ne font pas la tragédie pour la moitié autant que les venins du doute, le curare de la jalousie et les déchirements de la tendresse. Le roi Lear ne meurt pas de voir les tigresses arracher les yeux à son vieux Kent, mais de sentir Cordélia penchée sur lui, qui lui baise les mains dans les larmes. Laissez venir à moi les vrais amants : Le royaume du ciel est aux seuls cœurs qui s'aiment. Quand ils en sont bannis, ils s'exilent de toute joie, et même de la vie. Ces femmes ouvrent soudain les yeux sur le vide infini : il faut qu'elles meurent. La folie leur vient en aide ; elle les prend par la main et les jette au tombeau, ou dans le lac d'Ophélie. Car Shakspeare a trop le sens de la mort, pour souffrir que ses enfants se la donnent : ils la rencontrent, dans l'étroit chemin du délire, où l'homme n'a plus d'horizon, n'ayant plus d illusion d'aucune sorte. Ils ne se tuent pas : ils sont tués par le premier contact de la réalité fatale : elle les pousse à l'abîme. Ces amoureuses, si chastes et si passionnées, que feraient-elles dans un monde où leur
amour est méconnu, avili, outragé? Elles n'ignorent pas que la tendresse la plus innocente est la plus sans défense, surtout contre la calomnie. Et, d'ailleurs, elles ont leur fierté de neige : pour elles, la pire calomnie est le soupçon. La vierge confiante, Imogène elle-même ne lutte pas. Hermione, si bonne et si pure, dès les premières injures de son roi tigre, est lasse de combattre. Celle-là n'est pas une jeune fille. Hermione est la perfection de l'honnête femme. Sans montrer une vertu ni un esprit sublimes, elle connaît trop la fureur de l'homme : l'exil, la prison, la mort, soit, plutôt que le corps à corps de la jalousie, atroce combat. La douceur de ces femmes est leur première vertu. L'idée qu'elles se font de l'amour, l'unique bonheur qu'elles y trouvent, et le sacrifice absolu qu'elles y veulent faire, dans la fidélité et dans la joie comme dans la déréliction de soi et la douleur, ce culte de l'affection sans cruauté, de la passion sans violence égoïste et sans partage, fait leur grandeur morale. La vie, dit elle,
La vie, je Vestime
Ce que vaut la douleur dont f appelle la délivrance : Quelles félicitésy dites, me restent à présent Pour me donner la crainte de la mort?
Pourquoi donc les hommes et les femmes, dans Shakspeare, les crimes les plus affreux, les plus douces victimes, les noirceurs du destin, l'avalanche de toutes les misères et de tous les maux, et la catastrophe uni-
ver selle de la mort, pourquoi le spectacle fatal de la vie semble-t-il sauvé, à la fin, de l'horreur démente où il se déroule, et où il est pris au filet dès l'origine ? Parce qu'il trempe dans la poésie. Moyennant quoi, le monde est beau, et la pensée le contemple avec joie. La tristesse infinie, que la joie même implique, est une joie aussi. La poésie est le salut. Et le rêve de la poésie, parce qu'il est un rêve d'amour, est le rêve sauveur de la vie. Le drame le plus féroce, la poésie l'enveloppe d'un sourire. Ainsi Conte d'hiver et Cymbeline ne sont pas moins des féeries sentimentales que la Tempête et le Soir des Rois, Quoi qu'on en pense, Shakspeare y dédaigne presque l'intérêt romanesque : ses dernières œuvres tournent au pur poème. Au fond, sans doute, veille toujours le drame ; mais l'action n'est que le point d'appui : le poète vole au-dessus de l'événement. Il laisse deviner les péripéties. Il se moque un peu de son intrigue. Il détruit lui-même l'intérêt de curiosité ; il en réserve juste ce qu'il faut pour n'en pas faire fi. Le charme de la poésie n'en est que plus enivrant. Au milieu même de Conte d'hiver, le Temps révèle à l'auditeur tout ce qui va se passer. Dans la Tempête, les entretiens d'Ariel et de Prospéro jouent le même tour aux puérilités de l'aventure. L'intérêt de poésie se substitue à l'intérêt d'intrigue.
fl OPTIMISTE QUI CONTEMPLE,
Entre la violence des uns, leur rage cruelle, leur folie et la douceur, la tendresse et la beauté des autres,
le cœur de Shakspeare va tout entier aux victimes ; mais son esprit reste Timmuable couteau de la balance. Toutefois, le dernier recours qu'il fait entendre est toujours celui de la créature humaine à la compassion, qui est la conscience du rêve. La pitié est le regard du rêve qui contemple la vie. Invisible, secrète, invoquée à leur insu par ceux même qui Toutragent, elle est TAntigone des pauvres mortels : elle veille derrière leur porte, pour les conduire dans leur aveuglement, pour les panser, pour leur fermer les yeux, s'ils tombent. 0 que n est "il là pour voir La profondeur de ma misère, avec les yeux Non pas de la vengeance, mais de la pitié. Le crime, la méchanceté, l'abus de la force, la brute éternelle, les bourreaux, le délire des appétits, la ténébreuse envie de nuire aux anneaux insatiables, les fureurs charnelles, que de serpents, que de vipères dans le sein de l'homme. Et ce n'est pas assez : la cécité des esprits les uns pour les autres, l'injuste prévention, les erreurs souvent pires que les péchés ; et pour consommer lé désastre, le hasard, la cruauté de l'accident, les coups de la fortune, ivrogne et somnambule, les tuiles de fer qui frappent le passant au front, et les mortels pavés que l'Ours Destin lui lance, la charge est lourde sur les humains :
Triste faix, triste faix !
Toutes ces contrariétés et toutes ces peines sont le tissu de la vie, et la légende humaine en est faite. Pourtant, le poète ne s'y arrête pas : il brode sur cette trame le doux pays où vivre, la nature sauvée, le nouveau
royaume, le paradis : elle a beau y voler pour la première fois, l'âme feint dy rentrer, au retour de Texil. Dans cette vue impassible de Thistoire et du monde, la plus pessimiste qui fut jamais sans doute, Shakspeare élève le mirage d'une destinée enfin bienheureuse : la nature toute-puissante est purgée du mal et de la violence. Et par quelle vertu ou quelle rédemption? Par celle de la poésie. Rédemption tout humaine, celle-là, aux maux humains ainsi qu'à tous les autres : les anciens âges ne l'ont seulement pas conçue ; et la foi chrétienne y découvre un blasphème qu'elle condamne. L'homme tire de sa misère même l'occasibn et les moyens de sa grandeur. Il n'a pas besoin de mentir ; il n'a que faire d'être dupe : le chant est plus fort que le mensonge ; la Muse ne trompe pas, à demi cachée, comme la Sirène. Un optimisme de poésie est le dernier mot du poète.
La femme est une fée, et la fée est toujours un jeune privilège de la jeune fille : elle est la femme en fleur, de qui l'amour peut tout se promettre, et qui se promet tout d aimer : car ils attendent tout l'un de l'autre, et ne se sont pas éprouvés. Mais peut-être n'y a-t-il pas et n y a-t-il jamais eu de jeune fille? Rosalinde, Rosalinde ! Et même le péché, en elle, est une fleur : la fleur du péché est plus innocente que le fruit de la vertu. J'en juge ainsi parce que je ne juge point, m rien : je goûte seulement ; je suis passionné pour les feux de l'aurore.
La jeune femme est une jeune fille accomplie, que l'usage de l'amour rend parfaite en tendresse. Elle est ainsi 1 image du bonheur. Cependant, le bonheur humain est de telle nature, que la promesse du bonheur est plus belle, plus pleine de félicité et plus sûre que la félicité accomplie.
Shakspeare donne de la sorte une valeur idéale à la pureté féminine. Il n'est pas si simple que d'y croire ; mais il est visible qu'il y trouve le charme le plus exquis : il ne dit pas s'il l'imagine. En quoi il n'est pas moins homme que femme : il parle pour l'âme de la fleur, et il sent pour l'âme et la pensée de l'homme. Perdita sème les lis autour d'elle comme si elle s'effeuillait ; elle est un lis qui veut parer de lis son propre fiancé. Je veux, dit-elle.
Assez de lis pour vous en couvrir tout entier.
— Quoi'^ Comme un mort au cercueil}
— Comme un lit de repos pour les jeux de V amour. Toute la suave volupté de l'mnocence se joue dans
ces moments d'une si fraîche ardeur, d'une verdeur presque aiguë, si riante et si franche. On ne saurait être plus brise d'avril et plus muguet. A qui peut sentir comme lui, Shakspeare ici confesse à demi-voix 1 exquise sensualité qui le distingue de tous les poètes : rien de lourd, rien d'épais, pas la moindre lie ; un sang léger, pétillant, clair et vermillon comme le feu. Son ivresse est d'un extrême raffinement. Elle est toute spirituelle. Voilà pourquoi, sous les traits de Prospéro, il donne à l'amant trop épris, au fiancé de sa fille, une leçon si belle de sainte volupté : la morale n'y est pour
rien ; rinclination du cœur courbe seule les désirs à tant de suavité : on le surprend qui trouve un suprême plaisir à respirer la rose virginale ; il la touche d'une main la plus délicate du monde, d'autant plus furtive et secrète qu'elle est plus passionnée :
Mais si tu romps le nœud de sa virginité Avant que toutes les saintes cérémonies, Que règle le rite sacré, soient accomplies, Le ciel ne fera pas pleuvoir son doux baptême. Pour la bénir, sur votre union même.
Le génie, la beauté, l'amour ont tous les droits. Ils sont les dons de la nature aux nobles êtres qui, tant de fois victimes, n'ont pas laissé de l'emporter toujours sur leurs bourreaux victorieux. A la fin, dans son poème, le poète les délivre : les vrais enfants de Dieu ne meurent pas dans le sang et sur la croix ; ils ne sont pas cloués à l'agonie d'une plaie éternelle, sur le Caucase. Le poète les conduit à la victoire : ils jouissent à leur tour de la félicité dans un tendre triomphe. Ni faste, ni Capitole, ni plébaille. Le drame les affronte à des épreuves qui pourraient n'être pas moins affreuses que celles d'Hamlet ou du roi Lear ; mais ils les traversent, et leur heure vient toujours où le bonheur limpide de connaître les soustrait à la douleur. Per atra ad astra. Ces fils de la lumière forment une espèce supérieure : ils sont la classe du genre qui réunit, par décret de la poésie et par vocation naturelle, le droit
du plus fort et le droit du meilleur. Ils sont les premiers dans Tordre du cœur. Toute l'aristocratie du poète se confond ici dans une suprême liberté. Il est un monde naturel de Texcellence et de la supériorité. Une petite fille, parce qu'elle est pleine de grâce et qu elle a le génie de 1 amour, tient tête au plus absolu des rois ; elle a raison du tyran, et elle ose dire, avec une ingénuité d'ange royal, la hauteur souveraine, le domaine inaccessible au mal et à la violence, où le sentiment de sa propre beauté la place : Et le même soleil qui luit sur vos palais Ne cache pas sa face à notre humble chaumière : Il brille aussi pour nous : ses yeux aussi nous aiment.
L'optimisme de la poésie ne méconnaît aucune des douleurs, aucune des incurables défaites qui entrent inséparablement dans la réalité du monde. Mais il s'en féconde et y prend son essor. Ainsi l'arc-en-ciel porte sur les piliers de l'orage et parfois d'une récolte dévastée. Optimiste parce qu'il rêve la beauté, le poète sait fort bien à quoi ce parti pris l'engage. Il est bien plus stoïque et plus puissant en vertu que toute la morale. Il ne grimace pas sous un portique glacé, ouvert à tous les vents, sauf à l'air céleste de l'intelligence. Il ne se fait pas inviter à mourir romainement par cette triste folle d'Arria : il ne lui tend pas le couteau nommé glaive, ni ne le prend de sa main. Mais il appelle Rosalinde ; il la cherche ; il vole à sa rencontre et lui sourit :
— Vous êtes juste à la hauteur de mon cœur.
— A^e la suis- je pas de vos lèvres aussi?
— Juste à la hauteur de mes lèvres aussi.
— Que je suis donc bien faite pour vous, mon amant !
— Rosalinde, Rosalinde, aussi bien faite que mon cœur.