ID. K
Now my charms are ail o erthrown.
And what strength I hâves mine own ; And my ending is despair, Unless I he reliev^d hy prayer :
As y ou from crimes would pardon d he,
Let your indulgence set me free.
Tempest, V, 1.
Tempête : le poème, où le poète s affiche le moins, est sa confession suprême : dans la vue qu'il a finalement du monde, il donne toute vue sur lui-même, cœur et esprit : c'est sa poésie, son idée de l'univers qu'il charge de confesser le secret du poète. A bien des égards, les érudits sont, de tous les lecteurs, les moins capables d'entendre les artistes : ils refusent donc de voir Shakspeare dans Prospéro. Ils commentent chaque mot de la Tempête, et ne l'ont jamais lue. L'œuvre la plus libre, et qui semble la moins égoïste, révèle surtout son créateur : elle paraît toute objet, et n'est faite que de lui. Rien n'est plus réel et rien nest plus rêvé ; rien n'est plus rêvé et n'est plus accompli. Rien n'est plus humain en étant plus au-dessus de l'homme. La liberté du poème résout le conflit. Toutes les oppositions s'accordent et s'apaisent dans l'harmonie de la sérénité. Un esprit divin confère la divinité à tout ce qu'il pense. Les dieux ne sont pas soustraits aux passions humaines ; mais au contraire, ils sont conscients de toutes ; et comme ils en ont la plénitude, ils en ont aussi la possession et la beauté. Leur lumière est une nudité voilée d'ironie. Ainsi une œuvre est faite pour tous les temps.
Sauf deux chapitres POÈTE TRAGIQUE a été écrit de 1903 à 1907.