‹ Poète tragiqueChapitre 40 sur 43 · TWELFTH NIGHT · texte numérisé non relu

TWELFTH NIGHT

Si la musique est le pain de l'amour, donnez-m'en. O esprit de l'amour, que tu es donc frais et vite !

Give me some music.

Id., //. 4.

Music, awake her ; striée !

Dear life redeems you,

WiNTEr's TALE, V, 2.

La musique est la propre atmosphère du doux rêve de la vie réveillée de la mort, du retour, du salut, du cœur qui ressuscite. L'horreur est sans musique. Les ténèbres sont muettes et sourdes. La lumière est musique.

No settled sensés of the World can match

The pleasure of that madness.

WiNTEr's TALE, V, 2.

Tout le bon sens du monde ne vaut pas Le bonheur de cette folie.

Ay, the most peerless pièce of earth, I think* That e'er the sun shone bright on.

WiNTEr's TALE, K, 1.

C'est, je crois, le plus rare brin de terre Où jamais le soleil fit jouer ses rayons.

For she was as tender As infancy and grâce.

WiNTER's TALE, V, 2.

Elle était tendre, tendre Comme grâce et enfance.

Exciter le désir de tous, et n'avoir jamais répondu qu'à Tappel d'un seul, c'est la vertu de la femme. Mais assurément cette vertu lui a été imposée par l'homme : la lui devant, elle lui doit donc tout. Gare à elle, si elle l'oublie. Si elle fait l'homme, elle retrouvera le mâle en lui ; et le mâle ne connaît plus que la femelle.

L'admirable méditation de Polixène, dans le Conte d'Hiver^ est le théorème premier de la sagesse suprême, où s'élève le poète ; et le second théorème est dans la Tempête :

Yet nature is made hetter hy no mean^

But nature makes that mean : so, over that art

Wich you say adds to nature^ is an art

That nature makes.

WiNTEr's TALE, IV, 3.

And like this baseless fabric of this vision The cloud cappd towers, the gorgeous palaceSy The solemn temples, the great globe itself, Yea, ail which it in herit, shall dissolve. And like this insubstantial pageant faded, Leave not a rack behind.

Tempest, IV, 1.

Tel Tédifice sans base de ces visions.

Les tours que coiffent les nuages, les fiers palais.

Les temples solennels, le vaste monde même

Et tout ce qu*il contient, oui, tout doit se dissoudre

Comme cette féerie sans corps s'est dissipée.

Sans laisser même une vapeur ni une trace.

La nature et l'art sont dans la même relation que la vie et le rêve. Sublime contemplation, sublime conscience : le poète n'est dupe de rien, pas même de la poésie. Il sait le fond de l'art et il sait aussi le fond de la nature. Il n'ignore pas que l'unique réalité est dans la nature, que toute vérité est d'elle et par elle. Mais la connaissance de la réalité même est dans le rêve : bien plus, elle y doit être ; et le bien, la beauté, l'amour enfin, tout ce qui fait l'homme, est à ce prix. Ainsi l'art est le plus haut degré de la nature, et le rêve le plus haut degré de l'art. Comme il n'est point de rêve admirable sans art, il n'est point d'art sans la nature. Shakspeare ne l'exprime pas en termes suivis, à la façon de l'école : mais ces pensées font à la fois le rythme et l'unité tonale de toute sa symphonie. En outre, il fait partout entendre que l'amour est le rêve des rêves.

Un poème doit suivre celui-ci, et d'une tout autre sorte, qui a pour titre : ART DE VIVRE ou la VIE BELLE. Ce livre-ci nen est que le prélude et la scène : le monde en tant que lieu de la tragédie humaine est un spectacle.

Le poète est un bon magicien.

Et Tart qui rend la vie est sa blanche magie.

// this be magie, let it be an art Lawful as eating.

WiNTER's TALE, V, 3.

Si c'est bien là de la magie, elle est un art Aussi légitime que de nourrir sa faim.

Spirits ? — SpiritSy which by mine art

I hâve from their confines calVd to enact

My présent fondes.

Tempest, IV, I.

Des esprits ? — Des esprits, que mon art Evoque de leur séjour natal pour incarner Ma présente fantaisie.

A lady like me

For life, I prize it As I xjûeigh grief, which I would spare.

0 that he were alive, and hère beholding His daughters trial ! that he did but see The flatness of my misery, yet loith eyes Of pity, not revenge !

WiNTEr's TALE, ///, 2.

To me can life be no commodity :

The crown and comfort of my life, your favour,

1 do give lost.

Id., ///. 2.

Heavy matters ! heavy matters !

Id.. ///. 3.

/ tum my glass, and give my scène such growing As y ou had slept between.

Id., IV, 1.

Lilies of ail ki^ds, To make you garlands of ; and my stoeet friend, To strew him oer and oer !

— WhaU lik^ CL corse ?

— No, like a bank, for love to lie and play on,

WiNTEr's TALE, IV^ 3.

And yours, That wear upon your virgin branche yet Your maidenheads growing...

Id., IK 3.

// thou dost break her virgin knot before

AU sanctimonious cérémonies may

With full and holy rite be ministerd.

No stveet aspersion shall the heavens let fall

To make this contract groto.

Tempest, IV, 1.

Et même, il prévoit qu'une volupté prise avant le temps prescrit est une malédiction pour l'amour. Certes, il pense à sa propre histoire, au triste mariage où il s'est égaré dans la chaleur aveugle de ses vingt ans.

The selfsame stm that shines upon his court, Hides not his visage from our cottage, but Looks on alike.

WiNTER's TALE, IV, 3.

Dernière magie de l'imagination, l'hymen est pris pour l'amour heureux, sans péché, tout poésie, la passion à qui la cité comme la nature prêtent des mains complaisantes : la vie est fée qui s'accorde enfin à tant de féerie. Les dieux viennent bénir une telle union. Et Junon chante le cantique de l'hymen, l'hymne qui est dans les vœux de Pâme occidentale :

A contract of true love to celebrate

And some donation freely to estate

On the bless'd lovers.

Juno sing her blessings on you,

Tempest, IV, I

Je viens fêter l'accord du pur amour fidèle Et répandre les dons du destin libéral Sur des amants bénis.

The rater action is In virtue thon in vengeance.

Tempest, K, 1î

C'est un acte plus rare De faire le bien que de se venger.

La fin de Shakspeare est le triomphe de la plus tendre imagination. Elle est pleine de nobles retours sur la vie, de pardons, d'absolutions sereines et de rois pénitents : non pas seulement le divin Prospéro, mais le tigre royal, Léonte, qui se purifie de l'instinct encore plus qu'il ne se repent. En eux tous, la force est accrue par la sagesse, La violence est le mal, et la douceur n'est pas la faiblesse.

The pénitent King^ my master, hath sent for me.

WiNTEr's TALE, IV, 1.

Les derniers mots des pièces suprêmes, ou graves ou heureux, ont tous un air de symbole, une douceur lointaine, un son d'adieu sublime et de mélancolie qui sourit. Lead us from hence. — Hastily lead aivay.

WiNTEr's TALE, V, 3.

Allons-nous-en d'ici ! — Vite, emmène-nous.

My Arieh chick* — Be free, and fare thou well !

Tempest, F, J.

Ariel, mon pigeon, — Sois libre, et puis adieu !

/ am dead... Horatio, I am dead.

0 God ! HoratiOy what a wotmded name^ Things standing thus tmknoiont shall live behind me /

Hamlet, V, 2.

The test ts silence.

Now cracks a noble heart : good nighty sweet prince ;

And flights of angels sing thee to thy test !

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