‹ Poètes angevins d'aujourd'huiChapitre 19 sur 37 · PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PRINTEMPS

Vers le moulin qui vire et qui blute son blé Les bambins, sur le pré, vont faire la dînette. Prés d'eux, un ruisseau siffle un air d*aristonnette, La nappe est une touffe en fleur de serpolet.

Alfred COUPEL 65

La fraise abonde au bord du joli ruisselet. Dans un panier de joncs chacun fait la cueillette ; Tandis que la maman découpe la galette Et glisse au frais, sous l'herbe, une jarre de lait.

L'eau scintille. Et le ciel est si bleu dans les branches. Et si roses les bras potelés, hors des manches, iju'un plus fervent amour brille au front maternel.

Oh! quHls sont purs, ces tout premiers essors de l'être /... Vâme est toute clarté tant Vazur la pénétre Et, comme V alouette, elle chante en plein ciel...

BIBLIOGRAPHIE. — L'Endos Fleuri, poèmes. Paris, Lecène et Oudin, 1902.

ht% Refuges, poésies, Paris, Tassel, 1910.

(Plus trois œuvres en collaboration avec Roussel, déjà signalées à propos de celui-cî

et couronnées par l'Institut : Anne-Marie. — Acis et Galatée. — Psyché.

A. Coupel a écrit encore trois pièces de théâtre, inédites jusqu'à ce jour : L'Aïeule. -^ Hélène Hergant. — Bohême d' Amour . — Il est aussi l'auteur d'une thèse sur La Responsabilité atténuée).

Aida De ROMAIN

Que dans cette étude à la gloire de la poésie Angevine un hommage soit rendu au nom de De Romain, nul Angevin ne s'en étonnera : C'est que le Comte Louis De Romain ne fut pas seulement, avec Jules Bordier, le fondateur, en 1867, de cette Association Artistique, devenue depuis Société des Concerts Populaires, qui a fait d'Angers une des Capitales de l'art Musical Français ; il ne fut pas seulement celui qui, son compagnon disparu, continua pendant près de vingt-cinq ans l'œuvre entreprise, avec cette ardente générosité, et cette compétence artistique qui lui assurèrent un renom mondial. Il fut aussi le fondateur et l'âme de cet Angers-Artiste qui ne se borna pas à être l'organe officiel des « Concerts Populaires », et comme une sorte de programme, mais eut vraiment, pour l'honneur de notre Cité, la tenue d'une noble Revue d'Art et de Littérature, oîi beaucoup de nos Poètes se sont révélés ou confirmés. Et il fut aussi le Père de deux écrivains angevins de grande valeur^, en qui revit son âme enthousiaste du Beau, j'ai nommé M""** Yvonne et Aida De Romain.

jyjme Yvonne De Romain, dont j'ai cité le nom au début de ce travail, n'a malheureusement pas, que je sache, jamais publié de vers ; pourtant l'Auteur des Dieux Eternels et des Destins Eminents de la France possède cette richesse de rythme et d'images qui fait les vrais Poètes.

]\^me Aïda De Romain, qui publia dans Angers-Artiste et ailleurs la valeur de plusieurs volumes de critique artistique et littéraire, a écrit et pKublié aussi, au cours des tem^s, des vers nombreux que jamais elle n'a rassemblés. Quatre années de courageux dévouement passées

au Front, d'où elle a rapporté une Croix de Guerre bien méritée, ont encore éloigné d'elle, si elle l'eut, la préoccupation de préparer un volume. Quelques amis ont pris ce soin pour elle, et, dans une plaquette signée seulement de trois étoiles, ont, en 19 19, réuni trente de ses poèmes, trop faible glane pour une si riche moisson.

C'est de cette plaquette, intitulée Ailleurs et Autrement, que nous citerons deux pièces parmi celles qui nous semblent le plus appropriées au caractère angevin de cette étude car, toutes deux. M"»" Yvonne et Aida De Romain, à l'exemple de Moréas, de Pierre Louys, d'Henri de Régnier, d'Albert Samain, et de tant d'autres, ont voulu, en de nouvelles Panathénées, célébrer le culte et les cultes de la « Grèce immortelle » ; et toute leur œuvre est pleine de ce philhéllénisme artistique

Peut-être le style néo-grec de cette période paraîtra-t-il à nos petits neveux aussi artificiel et désuet que nous semblèrent à nous les pompes héroïques de David et de son école... mais ce n'est pas ici le lieu d'en discuter. Tenons-nous en seulement à noter que M"^^ Yvonne et Aïda De Romain ont pour cette Hellade un peu chimérique délaissé souvent notre Anjou, où elles vivaient, et dont pourtant elles tiennent, peut-être, beaucoup d'elles-mêmes.

Non pas que leur ferveur pour Tantique ne les ait fréquemment, l'une et l'autre, heureusement et mélodieusement inspirées, et ne leur ait dicté nombre d'œuvres d'un art ardemment, mais délicatement sensuel. Mais il me plaît mieux. Angevin, de lire dans les Destins Eminents de la France la belle page consacrée par M"»' Yvonne De Romain à la Province Française, — et c'est la nôtre qui, visiblement, lui a servi de modèle ; il me plaît plus encore de revoir, dans Ailleurs et Autrement ce paysage, si bien de chez nous que j'en pourrais fixer la place exacte, au bord de notre Loire :

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