‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 104 sur 123 · ARGUMENT · texte numérisé non relu

ARGUMENT

David malade, et à Pextremité, a horreur de la mort : et désire, avant que mourir, glorifier encore le nom de Dieu : puis tout à coup se resjouit de sa convalescence , et de la honte de ceux qui s* attendaient à sa mort.

Ne vueille pas, û Sire, Me reprendre em ion ire, Moi qui l'ai irrité :

N'en ta Cureur terrible Me punir de rixorribie ToiinnerU qu*ai mérité.

Ains, Seigneur, viens eslendro Sur moi ta pitié tendre, Car malade me sens, Santé donques me donne :

Car mon grand mal estonne Tous mes os et mes sens.

Et mon esprit se trouble Grandement et au double, En extrême souci.

Seigneur plein de grâce, Jusques à quand sera-ce Que me lairras ainsi ?

Helas, Sire, retourne.

D'entour de moy destourne Ce merveilleux esmoy.

Certes grande est ma faute, Mais par ta bonté haule.

Je le pry* sauve moy.

352 F0£TE8 CllRiTlBNS DU XW^ SlÈGUB

Car en la mort cruelle Il n'esl de toy nouvelle Mémoire, ne renom :

Qui penses tu qui die, Qui loue et psalmodie En la fosse Ion nom ?

Toute nuit tant travaille, Que licl, châlit, cl paille En pleurs je fay noyer, El en eau goutte à goutte S'en va ma couche toute.

Par si fort larmoyer.

Mon œil plorant sans cesse De despit et destresse En un grand trouble est mis :

il est envieilli d'ire.

De voir en tour moy rire Mes plus grans ennemis.

Sus, sus, arrière iniques, Deslogez lyranniques De moy tous à la fois.

Car le Dieu débonnaire De ma plainte ordinaire A bien ouy la voix.

Le Seigneur en arrière N'a point mis ma prière.

Exaucé m*a des cieux, Receu a ma demande :

Et ce que luy demande, Accordé m'a et mieux.

Donques honlcux deviennent Et pour vaincus se tiennent Mes adversaires tous :

Que chacun d'eux s'eslongne Subit en grand vergnngne, Puis que Dieu m'est si doux.

{Œuvres de Clément Marot, 1735.)

EUSTORG DE BEAtLIEU

Easlorg de Beanlieu, ainsi nommé de son lien d'origine, situé sur les confins du Quercy et du Limousin. D*abord musicien et organiste de l'église de Lectoure, U devint prêtre catholique, puis, ayant embrassé la Réforme, se fit ministre protestant à Thiérens, baillage de Moudon, dans le canton de Vaud. Il mourut à Bàle, ainsi qu'il appert d'un document d'origine calviniste, le 8 janvier 1552 (1).

Ses meilleurs ouvrages, ou du moins les plus célèbres, sont : Les divers rapportz contenant plusieurs Hon" deaux, Jluictains, Disains, Ballades, Chansons, Epistres, Blasons, Epitaphes et aultres joyeusetes. Le tout composé par M, E, de Beaulieu, On les vend à Paris, en la rue nenfve nostre Dame, etc. Par Alain Lotrian, 1544, in-12 ; UEspinglier des filles composé par Euttorg, aultrement dict : Hector de Beaulieu, Ministre evangelique, natif aussi de la ville de Beaulieu, au bas pays de Lymosin, Reveu et augmenté par lui mesme (depuis sa première impression) comme on verra. Imprimé & Basle, 1550, petit in 12. Beaucbamp lui at* tribue encore deux moralités : Murmurement et fin de Coré et VEnfant prodigue.

Les poésies religieuses d'Enstorg de Beaulieu contenues au présent ouvrage sont extraites des Divers rapport*. Elles furent écrites naos nul doute pendant la jeunesse de l'auteur, alors qu'il conformait ses actes et ses œuvres à la règle catholique.

(1) Cl. Eiiiti Faci : Portraits du Vieux tefr.ns'Eustorae de Beaulieu], Paris, Ollcndorff, 181U, in-iS.

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