‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 110 sur 123 · DU BARTAS · texte numérisé non relu

DU BARTAS

Celuyqui n'aime Dieu plus que toute sa race, Entre les fils de Dieu ne mérite avoir place *, Et qui veut labourer de Dieu le champ fécond, Ne doit tourner jamais en arrière le front.

Ainsi le père Hebrîeu âerene son visage, Et prononce ces mots : Courage, Abram, courage ! La chair, le monde, Adam, sont du tout morts en toi. En toy vit seulement Dieu, l'Esprit et la Foy. Dieu ! par Ion esprit, fay qu'une foy parfoile Accompagne ma main : que je vise. Prophète, A l'Isac véritable, et que haut eslevez Le prestre et l'immolant soient en son sang lavez. Il n'a pas achevé que son glaive il empoigne. Le tire et jà desja le veut metlre en besoigne. Que la tonnante voix, la voix du Souverain Arresle son esprit, son oreille et sa main.

Mon Abram, c'est assez l Abram, Abram, demeure ; Rengaine ton acier, je ne veux qu'Isac meure; J'ay de ta pieté fait un essay parfait ; 11 me suffit : je prens le vouloir pour l'effect,

Lors Abram loue Dieu ; sur le champ desenlace La victime parente, et remet en sa place Un agneau, qui conduit par miracle en ce Hèu, Sur l'autel verdissant verse son sang à Dieu.

{Seconde semaine. Trois. Journ» : tes Pères,)

Page 1