EPITAPHE DE FRANÇOIS RIGUAUD
Mort qui Tesprit viens osier de prison,
Pour à jamais au Ciel le faire vivre :
Tu n'es pas Ûel, alulne, ou poison,
Gonnme de loy est escrit en maint livre.
Tu est benine, et mérites le suivre
Sans crainte aucune, ô mort, entens mon dire,
Depuis que Tame au ciel tu fais reluire
Que morte estoit : plus juste est donq Tenvie
De vivre au Ciel, bien que la chair empire,
Qu'estre icy mort en un corps plein de vie.
Qu'eslre icy mort en un corps plein de vie,
Plus grand malheur en nous ne pourroit estre;
C'est le péché qui laisser nous convie
L'aise et le bien que Dieu nous fait congnoistre.
Voilà comment l'esprit vient changer d'estre,
Car luy vivant péché le mortifie :
Et ne fault point que de vivre se lie
Sans trespasser (de ce j'en suis recors),
Donques suivons la mort qui vivifie
L'esprit mourant, par la mort de ce corps.
L'esprit mourant, par la mort de ce corps, Vient à ce mort une autre vie acquerre : Parquoi du monde il vault mieux que soit hors Qu'estre icy vif, et posséder grand terre :
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Gongnoissant donq que l'on y vit en guerre.
Et que la foy et amour y default :
Arrestons Peau, que l'œil rend pourRiguaud, Et délaissons noslre mélancolie :
Car de grand aise, il se moque la hault, En estimant noz regrets à folie.