‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 27 sur 123 · FRANÇOIS HABERT · texte numérisé non relu

FRANÇOIS HABERT

Né l'an 1520, à Issoudun, en Berri, d'iine famille qui n'était guère connue, dit-on (i), dans le lieu de son établissement, François Uaberi vint ieune à Paris pour s'y consacrer aux études et prendre ce goût 4<i lettres latines et françaises qu'il n'abandonna jamais.

Ce fut l'un des écrivains les plus laborieux et les plus prolixes d*un temps où la poésie était eUe-môme laborieuse et prolixe.

Quoiqu'il ait é(é secrétaire de grands seigneurs et qu'il fût nommé poète du roi Uenri II, 1& ne quitta jamais le titre de Banni/ de Lyesse qu'il s'était donné dans ses premiers ouvrages. C'était un terme de galanterie, sans nul doute ; il convenait davantage & soii caractÈre que ce surnom de Traverseur d/i périlleuses voyes qu'avait pris avant lui Jean Bouchet. Hee ouvrages ne le peignent pas en entier, car Us sont parfois ennuyeux et dépourvus de fantaisie, ce qui concorde mal avec ce que nous connaissons de sa vie. On ne saurait d'ailleurs le juger sur la publication des Quinze livras de la metamorp/iose d'Ovide (2), qui lui furent commandés et qui parurent en 1557. Cet ouvrage, en vers de dix syllabes, est loin de rappeler la gréU» de l'ori^ai ; son seul mérite tient à son ornementation sous forme de petites vignettes gravées en bois et fort jolies.

(1) Abbé Goujet : Bibliotfiégue française, t. XIII, p. 8.

(2) Les Quinte livres de la nveiamorphose d'Ovide interprète^! en rime françoise^ selon la -phrase latine, par Fr. Habert d*Yssoudun en Berri. Paris, Estienne GrouUeau, 1557, in-8o et ensuite de Mamef et venve CavaUat. 1579. ia-12.

FRANÇOIS RABBRT g3

Panni ses autres œuvres, U laut citer, La nouvelle Juno (1), où il est fait un véritable abus d'illusions mythologiques, le Temple de cliasteté (2), ainsi que des Epistres Heroïdes (3) qui, en dépit d'une forte élévation, offrent un réel intérêt historique.

Dans ces dernières, auxquelles sont jointes de menues piécettes, l'auteur semble avoir donné toute sa mesure. Le style simple et presque prosaïque de François Habert se prête d'ailleurs & la familiarité épistolarre. L'une de ses lettres rimées, la 13«». adressée h Melin de Saint-Gelals, contient des détails littéraires si intéressants, qu'on est tenté de la lire d'un trait. C'est dans ce livre qu'il faut chercher les productions édifiantes de notre auteur. Elles consistent en sixains, en huitains et en dizains d'un tour si naturel qu'on leur passerait volontiers une certaine négligence de forme. Nous pardonnera t- on d'avoir réserve, dans notre galerie, une petite place à ce poète •qui ne cessa de montrer des vertus et une conscience égale à celle d'un véritable artiste.

Habert mourut vers 1500. La Croix du Maine, du Verdier. le Père Niceron et l'abbé Goujet ont donné une Uste fort longue de ses ouvrages. Nous y renvoyons quiconque voudrait non seulement se renseigner sur sa production, mais sur les divers événements qui remplirent sa vie littéraire.

(1) La Nouvelle Juno, pt^éi^entée à ifme i^ jyaw phine,tiQ. Avec VEatrene donnée à la dicte Daine le pr^jmterr^our de Van, Aussi VEstrene au petit Duc, fils de Mgr le Daulphm. A Lyon, par Jean de Tournes, 1547

(2) Le Temple fie Chasteté aveo plusieurs Enigrammes, tant de Vinvention de Vautheur que de la traduction et imitation de Martial et autres Poètes la-

pIÏ- M*^^i 1^^'*1*1**7.^>^'*^^*' aftttve* poétiques, etc. Paris, Michel Féxandat, 1549, petit in-8«.

^J^l f îf ^'^P^^^^' Heroïdes de François Habert. Paris Michel Fezandat, etc., 1550, ia 8o. ow^rç, rans,

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