‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 34 sur 123 · NI60LUE DE MAILLY · texte numérisé non relu

NI60LUE DE MAILLY

Nous ne sçavons de nous comme aparlienl

Te présenter oraison de valleur»

Mais ton esprit qui sçait comme il convient

Faire ung tel bien, sera nostre enseigneur,

Nostre advocal« dire et seul gouverneur,

Nous te pouvons, cs^r tu Tas mérité

Par le moyen de ton humilité.

En mectant paix entre ton père et homme,

Pour nous conduire en ton éternité

Et nous faisant ce qu'à présent ne sommes,

Tu as promis ne reffuser personne.

Qui te prlra d'affection et zèle

Et d'ouvrir Thuys si a la porte on sonne.

Ainsi tu veulx qu'en prière on t'appelle,

Puis qu'envers nous ta charité est telle,

Ou convient-il ailleurs que je m'addresse,

Me tenant seur du tout de ta promesse

Et en toy seul, mectant mon espérance

Non point en ce qui commence et prent cesse

Car contre toy je feroye grande offence.

De la raisjjn qu'est-il plus aliéné

Qu'estre vivant, contre la volunlé

De cellui qui par grâce et bonlô sienne

Donne la vie et la félicité.

Tu es la vie et voye et verilé,

Et je suis morte, esgarée et mentresse

Car j'ay perdu ma vie et mon addrcsse

Et vérité, par ma coulpe damnable ;

Mais si je vis ainsi que lu me dresses

Je seray vive, en voye el véritable.

Bien cognoissant mon imbécillité.

Tu m'as prefix certains commandemens Lesquelz tu veulz selon ma facullé Eslre accomplis de cueur el pensemens, A^ffin d'avoir les raisons et moyens,

101 pofrrss CHRériBNs du xvi* siIecli

Si je les meclz à exécution De me donner pour rétribution Gloire éternelle, et ta béatitude.

Si je suis donc mise en damnation J'accuseray ma seulle ingratitude.

(La Divine oognoissance^ i54î,)

Page 1