‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 39 sur 123 · ROBERT ESTIENNE · texte numérisé non relu

ROBERT ESTIENNE

Il élait fils do Robert Estienne, premier du nom, et frère de Henri et François, Tun et Tautre célèbres comme imprimeurs et comme érudits. On assure qu'ayant refusé d'embrasser le parti de la Réforme et de suivre son père à Genève, celui-ci le déshérita. Charles IX Ten récompensa en le chargeant de la gaixle des Caractères et Poinçon du roi, et en lui donnant mission d'aller rechercher en Italie et autres lieux, des manuscrits et des livres rares.

Entre temps il rétablit h Paris rimprimerie fondée par son père, ce qui lui valut, dès Tan 1563, le titre et la qualité d'imprimeur royal.

Il mourut en 1588, laissant la réputation d*un homme vertueux et d'un savant. Ses poésies d'un caractère très religieux sont h, peu près introuvables. Quelques-unes ont été semées dans divers ouvrages ; d'autres font l'objet d*un mince recueil, publié sans nom d'auteur sous ce titre : Les larmes de S, Pierre et autres vers sur la Passiofiy plus quelques paraphrases sur les Hymnes de Vannée, etc. A Paris, de l'Imprimerie de Robert Estienne, 1606, in-12 (1).

(1) Un exemplaire h la Bibliothèque de l'Arsenal : B. L. 7.799 ôw, m 12.

Paraphrase: sur l'hvmne de la Pëntecosîë

Saiiict Esprit de Dieu Créateur des humains, Viens dans l'esprit desiiens désormais prendre place, Et fay couler d'en haut la libérale grâce, Pour en combler nos cœurs façonnez de tes mains.

Esprit sainctydon de Dieu, soûlas des affligez, Eau vive, feu d'amour, qui sans consommer l'ame L'eschauiTos doucement d'une invisible flamme, Oincture des esprits par ta grâce allégez.

L*efTet de les presens se divise en sept parts. Tu es le Doigt puissant de la Dexlre divine, La Promesse du Père, inspirant la poictrine Des tiens» à qui les dons des langues tu despars.

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Vueille esclairer nos sens aveugles devenus, L'huile de ton amour dedans nos cœurs distille, Fay que nos corps humains de nature imbecille Par ton ferme support soyent tousjours soustenus.

De tous nos ennemis repousse au loin l'efTort, Envoyé nous soudain ta paix tant désirée, Sers d'adresse infaillible à nostre ame esgarée Et destourne nos pas loing du chemin de mort.

Le Père, ô sainct Esprit, nous soit copneu par loy. Donne-nous quand et quand du Fils la cogrioissance, Et que de tous les deux TEsprit en une essence Nous te croyons tousjours enseignez par la foy.

Gloire au Père et au Fils en terre et dans les cieux ! Louange au Sainct Esprit, trois d'une essence mesme Et que le Fils s'estant à nous donné soy mesme Nous donne de l'Esprit les thresors précieux.

{Les Larmes de Saint Pierre, 1606,)

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