‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 40 sur 123 · GUI DU FAUR DE PIBRAC · texte numérisé non relu

GUI DU FAUR DE PIBRAC

Pensear plutôt que poète, Pibrac h qui Ton doit cent->ingt-8ix quatrains « contenaut préceptes et ensei* gnemens utiles pour la vie de rhomme », naquit à Toulouse, en 1528, de Pierre du Faur, Président au Parlement de cette ville.

Il étudia sous Pierre Bunel, son précepteur, et passa en Italie où il fit Tadmiration du célèbre juriste François Alciat, celui-là même qui fut le prédécesseur du grand Cujas. De retour en France, il débuta au barreau, fut nommé Conseiller au Parlement toulousain, ensuite Jugemage, puis député par le Tiers-Etat du Languedoc & rassemblée d'Orléans.

En 1522, il eut l'occasion de montrer de l'éloquence et de la hardiesse comme ambassadeur de Charles IX au Concile de Trente. Déjà sa renommée s'étendait. Cinq ans ne s'étaient point écoulés depuis qu'il avait accepté cette périlleuse mission devant la plus redoutable des assemblées, qu'on lui confiait la charge de Conseiller d'Etat.

Sa réputation était désormais acquise. 11 ne la devait pas uniquement à ses qualités de diplomate et d'avocat royal, mais encore au fruit de ses loisirs.

En 1574 (1), soit trois ans avant l'avènement au trône

(1) Cinquante quatrains contenant précepte* et en- Meignemens utiles pour la vie de rhomme, composez à l'imitation de Phocylides, d'Epicharmus et autres an' ciens Poètes Grecs par le S. de Pib, A Paris, chez Gilles Gorbin, 1574, in-âo. La iuite des Quatrains n'a été donnée qu'en 1575, par Frédéric Morel, et ce n'est qu'en 1576 que le même imprimeur en fit paraître une édition totale contenant les 126 pièces que nous possédons.

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de son protecteur, Henri III, il avait fait paraître une partie de ses fameax quatrains dont le succès devint si éclatant qu'il provoqua les imitations.

Ces vers moraux toum^^s avec gn\ce et concision eussent suffi amplement h sa gloire, et sans doute Pibrac se fût contenté du sage parti de la retraite, si les exigences de ^

son emploi ne Tenssent porté h jouer un des premiers rôles dans la comédie politique de son temps. Quand le duc d'Anjou partit pour prendre possession du trône de Pologne, le fidèle Pibrac l'accompagna en qualité de Chancelier. 11 ne faillit point ou maintes circonstances délicates h déconcerter les ennemis de son prince par un sang- froid au-dessus de tout éloge.

Henri III n*oubUa pas ce que le duc d'Anjon devait à un tel serviteur Pibrac trouva sa récompense dans la ,

charge de président h mortier. Ce fût Tépoque la plus brillante de sa vie. S'il ne connut point, par la snite, le j

déclin d'une influence noblement conquise, il éprouva néanmoins des tristesses qui abrégèrent ses jours. I

On Ta compté parmi les favoris de Marguerite de Va- i

lois, femme de Henri IV, et là-dessus de mauvais propos se Sont fait jour. S'il est vraisemblable que Pibrac, en j

son vieil âge, fut amoureux de la reine, rien ne prouve que cet amour déguisé sous une respectueuse déférence fut, ainsi que l'ont dit les auteurs du Divorce satyrique^ la risée du Béarnais. Quoi qu'il en soit, Pibrac se démit |

de ses fonctions le jour où il sentit son crédit diminuer et connut l'indifférence et l'Ingratitude de la reine.

Il mourut le *12 mai 1584, et fut enterré aux Grands- Augustins. Telle fut succinctement sa vie qui passe pour un exemple de probité, de désintéressement, quoique certains historiens lui reprochassent de s'être employé h l'apologie de la Saint- Barthélémy . Mais peut-être bien n'était-«e là qu'un cruel jeu d'Ironie, assex semblable à celui qu'il dissimule sous la bonbommie do ses vers sentencieux.

U B*e8i fait au cours de ces trois derniers siècles un grand nombre d'éditions de ses quatrains. La meilleure est sans doute- celle qui parut en 1874 (1), avec une notice et des notes de M. Jules Claretle. On en connaît d'autres

(1) Les Quatrains de Pibrac, suivis de ses autres poésies, Paris, A. Lemerre, 1874, in-12.

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