HYMNE A LA VIERGE
Dame d'honneur pardessus les esloilles Exaltée es très glorieusement, Alaicté as de tes sainctes mamelles Geluy qui t'a créé providamment.
Par le fruict que mangeast nostre granl raere, Du lieu de paix fusmes privés jadis Mais ton sainct fruict nous oste de misère En nous rendant la joye et paradis.
Tu es la porle où passa le hault roy :
Porte dorée et toute lumineuse Quant il nous vint tous raectre hors d'esmoy : Toutes gens dont faictes chère joyeuse.
Gloire à toy, noble et puissant seigneur, De mère né qui est vierge et pucelle. Au Père aussi, et Sainct Esprit honneur, Tous trois regnûns en la gloire éternelle.
PSEAULME
Seigneur je n'ay en mon cueur prins d'orgueil Pour quelque bien qu'il ta pieu de me faire Tant fust il grand, ne raonstrer signe d'œuil D'esire eslevé en manière de faire,
PIBRRB ORINGORB 13
Et si ne suis allé après le monde Pour ses honneurs, ne pour ses biens aussy Car il est fol qui s'y arresle ou fonde :
Les saiges gens le tesmoignent ainsy.
Si de tes biens, ou de ceux que j'ay fais Humble servant ne t*ay donné la gloire Mais exalté mon parler et mes faictz Ou mon penser en quelconque auditoire.
Gomme l'enfant qui devant le temps deu Est débouté hors du laîct de sa mère, A ma poure ame ainsi soit pour son deu Rétribué douleur grande et amere.
Celuy quiquiert en toute humililé De son saulveur la brave congnoissance, En temps prospère ou temps d'adversité Sur tout doict mectre en dieu son espérance.
La gloire soit au père et filz aussi, etc.
PSEAULME
Bien [b]eureux sont iceulx en toutes guises Desquelz les maulx iniques et pervers Sont aboliz et leurs frauldes remises, Desquelz aussi les péchez sont couvers.
Bien [h]eureux est el saige réputé
El grant amy de divinité haulle
Auquel Dieu n'a aucun vice imputé
Et en l'esprit duquel n'a fraulde ou faulte*
ii poisTBs CHiiérinfs du xn* sièglb
Mais moy qui n'ay en ma grande indigence Tous confessez les péchez de mon cueur Suys en langueur ; remors de conscience, Crier me fait el force ou vigueur.
Quant j'ay sentu de jour el nuyt Ui main, Gongneu aussi Testât de ma misère, A toy j*ay eu mon recours souverain, Qui es mon roy, mon seigneur et mon père.
Devant ton sainct el divin consistoire Dévotement l'ay faicl mon cœur ouvert Lors mon délict je t'ay faicl tout notoire, Pareillement mou pèche descouvert.
Si tost que j'ay proposé de couraige Me confesser, lors tu m'as prévenu En remectant mon péché et oultraige Duquel j'estoys par devant toy tenu.
Pour impetrer ceste remission
A toy feront prière salutaire.
Les benoistz sainctz en grand dévotion
Mais en temps seul opportun à ce faire.
Quant v[i]endra que par incrédulité Inundera de péché ung déluge, Pécheurs n'auront en telle iniquité De Toraison ny secours ny refuge.
Tu es refuge et le port de liesse
Au pénitent en tribulation
Gomme je suis présent. Et pourtant est-ce
Qu'en toy j*ay mis ma consolation.
Ainsi mon Dieu m'a dit : Je t*instruiray Et donneray entendement par signes En ceste voye et si confermeray Mes yeulx sur toy, affin que tu chemines.
PttRHB GHIIKSOIIS i5
Garde toy bien de vivre en la manière Que faire on void k la mole ou cheval, Qui de raison ne soyvent la lumière Mais seullement leur appétit brutal.
De tous ceulx là qui n'aprochent de toy Mais sont vivans et vagues comme bestes Qu'ilz soient bridez et du fr[e]in de ta loy Enchevêtrez et liez par les testes.
Aux indomptez pécheurs, en abondance Les fléaux d'enfer leur seront reservez, Mais ceulx qui ont en Dieu leur espérance Et vivront bien, en seront préservez.
Et pourtant ceulx qui sont justifiez Doibvent en Dieu prendre resjouyssance, Pareillement de coeur rectifiez Glorifier la divine puissance
La gloire soit au père et filz aussi, etc.
PSEAULME
Puissant seigneur, ne me deuUes punir En ta fureur de la peine éternelle, Ny corriger, a la rigueur tenir, Hais adoulcir la peine temporelle.
Je te requiers, sire, miséricorde, D'infirmitaa j'ay membres pertortMZ, Cor en mon corps de santé ny a orde A donc mes os en sont tous conturbez.
16 POÈTES GHRériBNS DU XVI* SlkCLK
Et ma poure ame a perlurbalion Garde trop plus que je ue le peux dire, Jusques à quant ta consolaliou Diffères tu me renvoyer^ chier sire.
Délivre moy, sire, d'iniquité En retournant vers moy la digne face, Je sçay bien que je ne Tay mérité, Mais s*il te plaist le feras de ta grâce.
De mon vivant, sire, reforme moy, Car en la mort on n'a de toy mémoire Et en enfer qui dira bien de toy Ou donnera digne louange et gloire.
J*ay travaillé tant que suis bors d'alaine, De mes péchez gémissant en douleurs, Toutes les nuictz encor mectray-je peine, Laver mon lict de larmes et de pleurs.
Quant je t'ay veu en ta grande fureur, Moy estant mis en piteuse misère Par ennemys fra2)pé d'une frayeur, J*ay eu recours à toy comme à mon père.
Deparlez-vous iniques et mauvais Qui à tout mal faire avez la main forte Car en mes pleurs Dieu a ouy ma voix Qui me soullage en mon dœul et conforte.
Mon seigneur tout miséricordieux Exaulsé a ma treshumble demande Et vous dis plus qu'il m'a fait encor mieulx En m'ottroyaut tout ce que je demande.
PIRRRB ORINOORB f7
Confusion soit à mes ennemys, Avecques ce perpétuelle honte, Et aux tourmens eternelz soient transmis Qui de salut jamais ne firent compte.
Sire s*il te plaise aux trespassez repos.