CHANT ROYAL SUR LA PASSION
« Que rinnooent livrèrent à la mort »,
Oultrecuidance et folz parler despitz >De ses baultz faicts a grand tort l'accusèrent, Ingratitude encore luy flstz pis Et folz conseiiz a crainte le baillèrent.
Qui le fist battre et ne s'en contentèrent.
Les envieux plus affamez que chiens De le blasmer furent praticiens Tant qu'à la fin crainte le flst conduyre Jusqu'au gibet ou flst tant fauix raport Avec desdaing pour eulx en mal deduyre Que rinnocent livrèrent à la mort.
Lors tyrannie a gros clous de fer mis
Dedans ses piedz et mains qui sang gelèrent,
Cueur, malice, y ont été transmis,
Qui sor. costé d'a[i]gu glaive entamèrent.
Sa mère et trois Maries lamentèrent.
Les serviteurs à qui flst plusieurs biens
En redoubtant les inconveniens
Aux malfaicteurs n'ont osé contredire,
Hazart getta sur ses vestemens sort
Et gens ingratz firent tant à bref dire
Que rinnocent livrèrent h la mort.
18 POÈTBS OHRéTISNS DU XVI*' SlÈGLB
ENVOY
Prions Jésus qui nous a faictz de rien
C'est rinnocenl que je dy, croy et tiens,
Le Rédempteur qu'aux faictz cieulx place livre
A noslre esprit quand de ce monde sort
Accusant Juifz par cueur escript et livre
Que l'innocent livrèrent à la mort.
Raison par tout.
{Les Heures de Nostre damcy 1540.)