‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 106 sur 202 · ATTENTE · texte numérisé non relu

ATTENTE

Si c'est pour me faire croire à la vie Que tu viens à ce triste séjour, Prends la clef d'or, et, les marches gravies. Ouvre la porte aux pas de ton amour.

Si c'est pour me faire croire à la mort.

Prends parmi tes clefs celle de fer,

Et ferme les fenêtres à l'aurore

Dans la chambre pleine des ténèbres d'hier.

byGaogle

STUART MERRILL

Qu'importe la vie à mon âme ou la mort, Pourvu que ce soit toi que j'accueille, Geôlière dont la clef de fer ou d*or Violera le secret silencieux de mon seuil ?

Mais pourquoi ces paroles dans la solitude, toi qui ne viendras peut-être jamais M' éveiller de la voix douce ou rude Selon que sonnrea la cloche des destinées !

La neige a suivi les oiseaux sur le toit.

Et seul habitant de la triste masure.

J'attends toujours la détresse ou la joie De tes clçfs inconnues d?ins la serrure.

{Les Quatre Saisons,)

lAIM MIKHAEL

juin i866,Ephraïm Mikhaël (Georgesne carrière fort éphémère; il s'éteignit bavoir semé çà et là des pages pleines Icilude d'amis — qui les recueillirent laître. Sa jeunesse fut souriante ; lié nération,îl put sans inquiétude entrei l'accompagnèrent jusqu'au seuil de ires, ancien élève de l'Ecole des Charlibliothèque Nationale. Ses premières les revues : La Basoche (Bruxelles, de (1886) ; La Jeune France (1886- [ 1 887) ; La Revae Continentale^ 1 889) ; '^aris et de Saint- Péter shour g ^ etc., 'amateur sous ce titre U Automne, Il Bernard Lazare, une légende drama- Fiancée de Corinthe et fil représenter lême année^ au Théâtre Libre^ une or Fleuri,

it le 5 mai 1890, laissant, outre des notations publiés dans divers pério- , Briséis, écrit en collaboration avec

tte œuvre, mis en musique par Emma-

EPHRAIM MIKHAEL IQQ

nuel Chabriep,fut interprété, pour la première fois, le dimanche 3i janvier 1897, aux Concerts Lamoureux. Par une singulière fatalité, M. Catulle Mendès seul put recueillir l'enthousiasme du public. Un souffle de mort avait fauché à son tour le musicien, et ce souvenir funèbre ajouta, semble-t^il, à Témotion poignante du drame...

Poète né au pays du soleil, Ephraïm Mikhaël a la mélancolie des hommes du Nord ; sa" prescience de la mort obsède parfois. Quoique influencé par ceux du Parnasse agonisant, il apporta dans son art une pensée modelée sur une forme nouvelle, et celui qui fut couronné pour le poème Florimond au concours de TEcho de Paris (décembre 1889) "^^ût pas tardé ■ — ses derniers vers en témoignent — à participer à Tœuvre originale de son temps.

Les œuvres d'Ephraïm Mikhael, publiées en plaquettes introuvables ou éparses dans des revues, ont été, grâce à l'initia tive de MM. Camille Bloch, Marcel Collière, Bernard Lazare, Catulle Mendès et Pierre Quillard> réunies après sa mort. Elles forment une édition définitive, augmentée de nombreux fragments inédits. — A. B.

Bibliographie :

Les œuvres. — L* Automne^ poèmes (sans nom d'éditeur), 1886.

— La Fiancée de Gorinthe^ légjende dramatique en trois actes (en collaboration avec Bernard Lazare), Paris, Daloa, 1888. — Le Cor Fleuri^ féerie en un acte et en vers (représenté sur la scène du Théâtre Libre le 10 décembre 1888), Paris, Tresse et Stock, 1888.

— Œavres de Ephraïm Mikhaël {Poésie , Poèmes en prose) t Paris, • Lemerre, 1890. — Briséis, drame lyrique (en collaboration avec

Catulle Mendès), Paris, Enoch, 1898.

Traduction. — Quelques pa);çes dans Pastels in Prose translated by Stuart Merrill, New- York, Harper et Brothers, 1890.

A Consulter. — R. de Gourmont : Le II* livre des Masques , Paris, Soc. du Mercure de France, 1898. — J. Tellier : Nos Poètes^ Paris, Despret, 1888.

J. Ajalbert : Opinions, Ephraïm Mikhaël, Eclair, 8 février 1897.

— A.. Bonneau : Poè/c5, Revue Encyclopédique, février i8gi. — C. Mendès : Ephraïm Mikhaël, Echo de Paris, i5 octobre 1890. —

POETES D AUJOURD HUl

phraïm Mikhaël, Ermitage, avril 1894. — P. Quili Mikhaël, La Wallonie, octobre 1890.

lie.

Ephraïm Mikhaël sur son lit de mort, 6 mai i89o, on (app. à la famille). — Portrait à Veau-forte puature dans les Œuvres (Paris, Lemerre, 1890). — rtrait à Veau-forte, Edition de Briséis, Paris, Enoch, illolton : Masque,deins Le //• Livre des Masques, de int, Paris^Soc. du Mercure de France, 1898. — Ch. ument (Buste d'Ephraïm Mikhaël et figures allégorir souscription, pour le cloître des Augustins, Musée era inauguré après 1900),

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