‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 119 sur 202 · QUE L'ON JETTE CES LYS · texte numérisé non relu

QUE L'ON JETTE CES LYS

Que l'on jette ces lys, ces roses éclatantes, Que Ton fasse cesser les flûtes et les chants Qui viennent raviver les luxures flottantes A l'horizon vermeil de mes désirs couchants.

Oh I ne me soufflez plus le musc de votre haleine, Oh ! ne me fixez pas de vos yeux fulgurants, Car je me sens brûler, ainsi qu'une phalène, A l'azur étoile de ces flambeaux errants.

Oh 1 ne me tente plus de ta caresse avide,

Oh ! ne me verse plus Tenivrante liqueur

Qui coule de ta bouche — amphore jamais vide —

Laisse dormir mon cœur, laisse mourir mon cœur.

Mon cœur repose, ainsi qu'en un cercueil d'érable,

Dans la sérénité de sa conversion ;

Avec les regrets vains d'un bonheur misérable.

Ne trouble pas la paix de l'absolution,

(Les Syrtes,)

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