‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 118 sur 202 · POÈTES D*AUJ0UI1D*HUI · texte numérisé non relu

POÈTES D*AUJ0UI1D*HUI

alors presque ignorées de Verlaine et de Mallarmé, peuvent marquer une première étape dans révolution que M. Charles Morice a si bien caractérisée sous cette épithéte : La Littéru" tare de tout à l'heure. Retracer même à grands traits la vie de M. Moréas^ c'est fixer l'histoire poétique de ces dernières années. Indépendamment de ses œuvres qui firent grand bruit» on se souvient des manifestes qu'il lança, et où, pour défendre ce que la presse dénommait l'Ecole Symboliste, il définit un art qui lui était surtout personnel. Mais délaissons de stériles commentaires pour rappeler seulement les quelques lignes que M. Anatole France lui consacra ; quoique incomplètes parce qu'elles datent d'hier, elles suffisent à mettre en relief cette saisissante physionomie :

a II est nourri de nos vieux romans de chevalerie et il semble ne vouloir connaître les dieux de la Grèce antique que sous les formes affinées qu'ils prirent sur les bords de la Seine et de la Loire, au temps où brillait la Pléiade. Il fut élevé à Marseille et, sans doute, il ranime, en les transformant, les premiers souvenirs de son enfance quand il nous peint, dans je poème initial du Pèlerin passionné^ un port du Levant, tout à fait dans le goût des marines de Vernet et où Ton voit « de grands vieillards qui travaillent aux felouques, le long desmôle#et des quais ». Mais Marseille, colonie grecque et port du Levant, ce n'était pas encore pour M. Jean Moréas la patrie adoptive, la terre d'élection. Son vrai pays d'esprit est plus au nord; il commence là où l'on voit des ardoises bleues sous un ciel d'un gris tendre et où s'élèvent ces joyaux de pierreries sur lesquels la Renaissance a mis des figures symboliques et des devises subtiles.

« M. Jean Moréas est une des sept étoiles de la nouvelle pléiade. Je le tiens pour le Ronsard du symbolisme. »

Il conviendrait d'ajouter qu'après la publication de ces notes écrites en 1892 et inspirées en partie par Le Pèlerin passionné, Tœuvre de M. Moréas s'est considérablement accrue. Des poèmes de manières diverses tels Eriphyle, Enone au clair

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visage, Sylves et Sylves nouvelles, Les Stances, dont les deux premiers livres seuls )>arurent sous la forme peu accessible de luanuscril aulographié, affirment aujourd'hui un art hautain, d'expression définitivement arrêtée. M. Jean Moréas a collaboré à de nombreux périodiques; il a donné des articles au Figaro, des contes (point recueillis) à VEcho de Paris (1891). Indépendamment de pages diverses qu^il publia à Lutèce — [La Faenza, novembre-décembre i883, des Contes falotSy des critiques» des nouvelles et presque toute la première partie de son œuvre poétique 1 883- 1 885) — kLa Vogue (1886, et nouvelle série, 1899), à La Wallonie (i^^o), il fit paraître à La Revue Indépendante, des notes sur Schopenhaaer (mars 1896) et des contes (1887- 1888). Outre, quelques poèmes^ £a Plume offrit de lui des notes en prose entremêlées de vers,Z)c Fil en aiguille, iSgS-iSc^g, et Cosmopolis accueillit une fantaisie, £n Grèce (juin à octobre 1897), ^^^' pirée par un voyage qu'il fit à l'heure de la guerre gréco* turque. — A. B.

Bibliographie :

Les œuvres. — I/âs Sy ries, poésies (sans nom d'éditeur), Paris. 1884, et Vanier, 189b. — Les Cantilènes, poésies, Paris, Vanier» 1886, et Bibliothèque Artistique et littéraire, 1897. — Le Thé chez Miranda, roman (en collaboration avec Paul Adam), Paris. Tresse et Stock, 1886. — Les Demoiselles Gouberi, roman (en collaboration avec Paul Adam), Paris, Tresse et Stock, 1887. — Les Premières armes du Symbolisme (Lettres et Manifestej, Paris, Vanier, 1889. Le Pèlerin passionné, poésies, Paris, Vanier, 1891 et 1898, édition augmentée). — Autant en emporte le vent, Paris, Vanier, 1898. — Eriphyle, poèmes, Paris. Bibliothèque Artistique et littéraire, 1894.— Poésies, 1 886-1 896 [Le Pèlerin passionné , Enone au clair visage et Sylves, Eriphyle et Sylves nouvelles), Paris, Bibliothèque artistique et littéraire, 1898. — Jean de Paris (texte rajeuni), Paris, Bibliothèque artistique et littéraire, 1898. — Les Stances poésies (I" et 11« livres), fac-similé du manuscrit, Paris, Bibliothèque artistique et littéraire, 1899.

£n PRÉPARATION. — Les SturCces, poésies, augmentées de plusieurs livres ; Caprice, fantaisies {De Fil en Aiguille) suivies de Le Voyage de Grèce ; Jphigénie, tragédie en cinq actes, en vers.

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(Des poésies de M. Jean Moréas ont été mises en musique par MM. Pierre de Bréville, Gaston Dubreuilh, Gabriel Fabre, Henri Quittard, etc...).

A CONSULTER. — W. G. G. Byvanck : Un Hollandais à Paris en j8gi, Paris, Perrin, 1892. — A. France: La Vie littéraire (4* série), Paris, Calmann Lévy, 1892. — R. de Gourmont : Le Livre des Masyttcs, Paris, Soc. du Mercure dé France, 1896. — J. Huret i Enquête sur V Évolution littéraire^ Paris, Charpentier, 1891. — B. Lazare : Figures ContemporaineSfFarïs, Perrin, 1895. — Ch.Le Gotûc: Les Romanciers d'aujourd'hui, Paris, Vanier, 1890. — Ch. Maurras : Jean Moréas, Paris, Pion, 1891 . — L. G. Mostrailles : Tètes de Pipes, Paris, Vanier, i885. — R. de Souza : La Poésie populaire et le lyrisme sentimental, Psirïs, Soc, du MercuTQ de France, 1899. — J. Tellier: Nos Poètes, Ps^ris, Despret^ 1888. — V. Thompson iFrench Portraits (Being appréciations of the writers of young France),Bos* ton Richard. G. Bodger et C», 1900, — E. Vigié-Lecocq : La Poésie contemporaine^ iS84'iSg6, Paris, Soc. du Mercure de France,

Numéro de La Plume consacré au Symbolisme de Jean Moréas (articles de Barrés, France, etc.), i" janvier 1891.

M. Barrés : Jean Moréas symboliste, Figaro, 35 décembre 1890.

— A. Bonneau : ar//c/e, Revue Encyclopédique, i5 octobre 1891. — F. Fénéon : Jean Moréas (Les Hommes d'aujourd'hui), Paris Vanier. — C. Mauclair : Les Modernes Athéniens : Jean Moréas, Revue Indépendante, juillet 1891. ~ Ch. Maurras: Littérature, Revue littéraire. Revue Encyclopédique. 23 janvier 1897 et a 2 janvier 1898.

— T. S. Perry. : The Latest literary Fashion in France (illustré), The Cosmopolitau,New York, juillet 1892. — E. Raynaud : Notices littéraires. Jean Moréas, Mercure de France, mars 1891. — H. Rebell : La Poésie française. Ermitage, septembre 1898. — P. Souday : Les Stances de Jean Moréas, Temps, 20 avril 1900.

Iconographie:

F. A. Gazais : Paul Verlaine et Jean Moréas, Dessin-charge Messager français, 1891, et La Plume (numéro consacré à Paul Verlaine), i" février 1896; — F. A. Cazals: Composition à l'aquarelle (app. à l'auteur). Couverture de La Plume (numéro consacré à Paul Verlaine), i«» février 1896 ; — F. A. Cazals : Verlaine et Moréas, Affiche de la 2* Exposition des Cen/. Collection de ZaP/ame, Paris, sept. 1894. — F. A. Gazai : Suite de Croquis inédits, 1891 (app. à l'auteur). — E. CohI : Photographie, tirée pour Les Têtes de Pipes, Paris, Vanier 1895 ; E. Cohl : Portrait-Charge (Les Hommes d'aujourd'hui), Paris, Vanier. — D. Estoppey : Pastel et Des-

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sinà la P/am0. reproduit dans La Vogue, i3 mai 1886 ; — A. delà Gandara : PortraU,iSSS, peinture à l'huile (non signée). — A. de la Gandara : Portrait au crayon (app. à M. Jean Moréas),Exposition de la Société Nationale des Beaux-Arts, 1899 ; reproduit en frontispice dans l'éditioa de luxe des Stances, Paris, 1899. — P. Gauguin : jPor/raif au crayo/i, 1891, reproduit dans le numéro de Za Plume conB&cTè au. Symbolisme de Jean Moréas. — F. Vallotton : Masque, dans Le Livre des Masques, de R. de Gourmont^ Paris^ Soc. du Mercure de France, 1896.

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