UNE JEUNE FILLE PARLE
Les fenouils m'ont dit : Il t'aime si Follement qu'il est à ta merci ; Pour son revenir va t'apprôter.
— Les fenouils ne savent que flatter I Dieu ait pitié de mon âme.
Les pâquerettes m'ont dit : Pourquoi
Avoir remis ta foi dans sa foi ?
Son cœur est tanné comme un soudard.
— Pâquerettes, vous parlez trop tard I Dieu ait pitié de mon âme.
Les sauges m'ont dit : Ne l'attends pas, Il s'est endormi dans d'autres bras.
— O sauges, tristes sauges, je veux Vous tresser toutes dans mes cheveux...
Dieu ait pitié de mon âme.
{Poésies, 1886- j8g6: Le Pèlerin Passions